Grèce - Turquie : du 25 au 31 decembre
Derniers temps en Grèce
Depuis Alexandropouli, il ne restait pourtant pas tant de kilomètres que ça (44km) avant la frontière turque. Ca a beau être une journée de vélo en théorie, en pratique on en a pris deux et demi, grâce à (oui oui, grâce à et pas à cause de) Nikos qui nous a recueillis alors qu’on déjeunait dans le froid. Nikos tient une pizzeria dans la dernière grosse ville grecque avant la frontière (Ferres, Ferai, ou Serres selon les sources). Après nous avoir offert un thé et du panetonne, il est allé trouver un de ses amis qui tient un hôtel, pour nous assurer le confort d’une chambre l’espace d’une nuit. Il nous aurait bien retenu encore quelques jours, non seulement pour le froid (à la télé, des flashs montrent les dégâts de la neige en Grèce et en Turquie), mais aussi parce qu’il est persuadé que les Turcs ne sauront pas nous accueillir décemment. C’est une vraie antipathie qu’il cultive contre le peuple voisin. Cela nous attriste un peu parce qu’il est pourtant ouvert et sympathique.
La frontière
Nous sortons de l’Union Européenne et traversons notre première vraie frontière, avec contrôle des passeports, passage à la douane… Les deux pays sont séparés par l’Evros, une rivière. La moitié du pont qui l’enjambe est peinte en bleu, l’autre en rouge. Au milieu deux gardes veillent à ce que les deux autres ne dépassent pas la ligne… Si les Grecs sont assez indifférents à nos aurevoirs, les turcs sont heureux de nous recevoir dans leur pays. Les deux gardes turcs nous font stopper pour nous prendre en photo devant leur drapeau ! Ils nous apprennent nos premiers mots turcs, que nous utilisons quelques instants plus tard au contrôle des passeports.
Un tampon sur le passeport, et à nous la Turquie…
Nouveau pays, nouvelle culture
La Grèce et la Turquie ont beau être des pays frontaliers, c’est une nouvelle culture qui nous accueille. Pays musulman, les mosquées se repèrent de loin grâce aux minarets. A présent, nos journées sont rythmées par les cinq appels quotidiens à la prière. Pays peuplé (70 millions d’habitants), les mini bus de 15 places transportent souvent le double de personnes… Pays hospitalier, on ne compte plus les “Welcome to Turkey”, coups de klaxons de bienvenue des camions et voitures… Les enfants sont enthousiastes et viennent souvent nous demander nos noms, nos âges et notre pays d’origine, interrompant quelques instants leur activité du moment pour satisfaire leur curiosité. Les adultes préfèrent nous offrir du thé, boisson nationale, servi dans des verres.
De la frontière à Tekirdag
Nous gagnons Tekirdag en camion stop, afin d’arriver à temps chez Emel qui nous attend. Les deux jours que nous passons chez elle sont consacrés à la découverte de la culture turque : musique (on découvre le ney, sorte de flûte en bambou), danses traditionnelles, lieux à voir (il faudra revenir !), actualité politique (l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne, Chypre, le génocide arménien…), présentation du leader national Ataturk… On passe une journée dans une école primaire/collège à découvrir de nouveaux jeux. L’occasion d’avoir un aperçu de la vie de classe en Turquie, et c’est pas triste, surtout qu’on est à deux jours des vacances !
Tekirdag - Istanbul
La route est vallonnée et longe la mer de Marmara. L’hospitalité des Turcs ralentit notre progression, mais c’est un réel plaisir ! Boire le thé avec l’équipe du magasin dans lequel on vient de faire ses courses, discuter avec un groupe d’enfants dans la rue, passer la soirée avec Tamer et Gerry… C’est agréable de se laisser bercer par le voyage, jusqu’au moment ou les impératifs nous rattrapent : Kerem nous attend le 31 à Istanbul, on pédale 108 km pour le rejoindre… Ca fait beaucoup de kilomètres, beaucoup de voitures aussi puisque le 31 décembre est férié deux fois cette année : une fois pour le réveillon du nouvel an, et une fois pour le Bayram, la fête (religieuse) du sacrifice. Toute la Turquie nous semble converger vers Istanbul… On arrive juste à temps (23h55) pour fêter la nouvelle année dans un café du centre ville.
de chez Kerem, Istanbul