Regards d’ailleurs

Une route de rencontres

Grèce - Turquie : du 25 au 31 decembre

Enregistré dans : Actualité, Grèce, Turquie — Jen at 5:21 pm on Jeudi, janvier 11, 2007

Derniers temps en Grèce

Depuis Alexandropouli, il ne restait pourtant pas tant de kilomètres que ça (44km) avant la frontière turque. Ca a beau être une journée de vélo en théorie, en pratique on en a pris deux et demi, grâce à (oui oui, grâce à et pas à cause de) Nikos qui nous a recueillis alors qu’on déjeunait dans le froid. Nikos tient une pizzeria dans la dernière grosse ville grecque avant la frontière (Ferres, Ferai, ou Serres selon les sources). Après nous avoir offert un thé et du panetonne, il est allé trouver un de ses amis qui tient un hôtel, pour nous assurer le confort d’une chambre l’espace d’une nuit. Il nous aurait bien retenu encore quelques jours, non seulement pour le froid (à la télé, des flashs montrent les dégâts de la neige en Grèce et en Turquie), mais aussi parce qu’il est persuadé que les Turcs ne sauront pas nous accueillir décemment. C’est une vraie antipathie qu’il cultive contre le peuple voisin. Cela nous attriste un peu parce qu’il est pourtant ouvert et sympathique.

La frontière

Nous sortons de l’Union Européenne et traversons notre première vraie frontière, avec contrôle des passeports, passage à la douane… Les deux pays sont séparés par l’Evros, une rivière. La moitié du pont qui l’enjambe est peinte en bleu, l’autre en rouge. Au milieu deux gardes veillent à ce que les deux autres ne dépassent pas la ligne… Si les Grecs sont assez indifférents à nos aurevoirs, les turcs sont heureux de nous recevoir dans leur pays. Les deux gardes turcs nous font stopper pour nous prendre en photo devant leur drapeau ! Ils nous apprennent nos premiers mots turcs, que nous utilisons quelques instants plus tard au contrôle des passeports.
Un tampon sur le passeport, et à nous la Turquie…

Nouveau pays, nouvelle culture

La Grèce et la Turquie ont beau être des pays frontaliers, c’est une nouvelle culture qui nous accueille. Pays musulman, les mosquées se repèrent de loin grâce aux minarets. A présent, nos journées sont rythmées par les cinq appels quotidiens à la prière. Pays peuplé (70 millions d’habitants), les mini bus de 15 places transportent souvent le double de personnes… Pays hospitalier, on ne compte plus les “Welcome to Turkey”, coups de klaxons de bienvenue des camions et voitures… Les enfants sont enthousiastes et viennent souvent nous demander nos noms, nos âges et notre pays d’origine, interrompant quelques instants leur activité du moment pour satisfaire leur curiosité. Les adultes préfèrent nous offrir du thé, boisson nationale, servi dans des verres.

De la frontière à Tekirdag

Nous gagnons Tekirdag en camion stop, afin d’arriver à temps chez Emel qui nous attend. Les deux jours que nous passons chez elle sont consacrés à la découverte de la culture turque : musique (on découvre le ney, sorte de flûte en bambou), danses traditionnelles, lieux à voir (il faudra revenir !), actualité politique (l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne, Chypre, le génocide arménien…), présentation du leader national Ataturk… On passe une journée dans une école primaire/collège à découvrir de nouveaux jeux. L’occasion d’avoir un aperçu de la vie de classe en Turquie, et c’est pas triste, surtout qu’on est à deux jours des vacances !

Tekirdag - Istanbul

La route est vallonnée et longe la mer de Marmara. L’hospitalité des Turcs ralentit notre progression, mais c’est un réel plaisir ! Boire le thé avec l’équipe du magasin dans lequel on vient de faire ses courses, discuter avec un groupe d’enfants dans la rue, passer la soirée avec Tamer et Gerry… C’est agréable de se laisser bercer par le voyage, jusqu’au moment ou les impératifs nous rattrapent : Kerem nous attend le 31 à Istanbul, on pédale 108 km pour le rejoindre… Ca fait beaucoup de kilomètres, beaucoup de voitures aussi puisque le 31 décembre est férié deux fois cette année : une fois pour le réveillon du nouvel an, et une fois pour le Bayram, la fête (religieuse) du sacrifice. Toute la Turquie nous semble converger vers Istanbul… On arrive juste à temps (23h55) pour fêter la nouvelle année dans un café du centre ville.

de chez Kerem, Istanbul

4 commentaires »

Commentaire par Petrone

31 décembre 2007 @ 3:22

Bonjour à vous tous,

La turquie que dire à part que c’est un très beau pays qui a subi des mutations profondes, il s’agit du seul pays laïc avec une grande majorité de musulmans respectant la démocratie!Economiquement, c’est un pays qui prend tous les jours de l’ampleur!Pour ce qui est du génocide arménien, nous ne pouvons plus dire qu’il s’agisse de leur faute, j’ai discuté avec des turcs, ils ne comprennent pas le génocide arménien, cela fait un siècle et c’est compréhensif!Il est difficile d’imaginer son arrière arrière grand-père avoir commis un génocide!Je pense qu’il faut être compréhensif avec ce peuple tant qu’ils font tous les efforts du monde!Le rejet ne sert à rien!Je pense qu’ils sont les bienvenus au sein de l’Union Européenne comme les turcs ont participé à la construction de l’Europe et de son histoire, les rejeter maintenant serait une erreur stratégique!

Petrone Giuseppe

Commentaire par Christine Louis-Quéré

14 décembre 2007 @ 8:19

NON à l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne
Un sujet me tient particulièrement à cœur en ce qui concerne mon opposition à l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne : le négationnisme persistant dont fait preuve son gouvernement depuis plus de 90 ans en ce qui concerne le Génocide Arménien, et ce, malgré les demandes successives de reconnaissance qui lui ont été faites.
La question du Génocide Arménien : 1500000 morts. Un détail ? Non. Loin de là. C’était une extermination savamment et méthodiquement planifiée. Au vu et au su de tous les observateurs européens, alors présents en Turquie à la veille de la Première Guerre Mondiale. Une première ébauche, qui fut loin d’être un coup d’essai, avait déjà eu lieu en 1894, tuant ainsi près de 300000 personnes, convertissant de force des dizaines de milliers d’autres et faisant ainsi des milliers d’orphelins. Mais c’est à partir du 24 avril 1915 que se mis en place le plan orchestré par le mouvement « Jeunes Turcs ». Assassinat de tous les intellectuels arméniens, déportations aux fins fonds des déserts de Syrie, massacres organisés et bien d’autres choses que je me refuse à écrire tellement c’est atroce. Décimé, déraciné, tel aura été le destin de ce peuple arménien ô combien respectable. Nous en fréquentons quotidiennement les descendants.
«Qui pète recolte le vent». …
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Christine Louis-Quéré
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Commentaire par Sabrina

1 septembre 2007 @ 19:39

un petit coucou d’une française marier avec un turc,

Amoureuse de ce beau pays lire tout ce que tu as pu écrire me ravie.

J’espère que tu toi aussi aimer ce voyages??

A bientôt…..

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Commentaire par maxime

11 janvier 2007 @ 21:44

Je viens de voir qu’il y avait des tempêtes de neige. Soyez généreux envoyez nous en, c’est la misère ici. il fait trop chaud, la chartreuse et le vercors sont complêtement sec, et il pleut jusqu’à prés de 3000m. Attendez moi j’arrive avec mes skis.

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