Regards d’ailleurs

Une route de rencontres

Le coup de coeur mongol

Enregistré dans : Actualité, Mongolie — Jen at 5:07 am on Mercredi, juin 13, 2007

L’arrivée

30h de Transmongolien pour relier Pékin à Ulaan Baatar, la capitale mongole. “Un train pas comme les autres” dit-on, et c’est vrai ! Ici, on n’imagine pas rester allonges sur sa couchette le temps du trajet. Il y tant de monde à découvrir ! Le marchand chinois, les étudiants mongols qui reviennent au pays pour les vacances, les voyageurs qui sont souvent partis eux aussi pour un an… Et le paysage à regarder défiler : Pékin et sa banlieue sur-industrialisée, nos derniers villages chinois, cachés dans des vallées escarpées, le retour à la nature en Mongolie Intérieure, la ville frontière (ou le train change les boggies à cause de la différence d’écartement des rails de l’ancien empire soviétique), et enfin la Mongolie qui paraît bien déserte. Ulaan Baatar, champignon des steppes, surgit au détour d’un virage.

Ulaan Baatar

C’est depuis une guest house - appartement où l’on se sent bien chez soi que l’on part explorer la ville, au gré de nos envies et besoins. Le grand magasin d’Etat pour faire nos courses (un des restes bien caractéristiques du passe soviétique), la librairie française pour faire le plein de lecture (mais non en fait, juste pour flâner), les rues en terre une fois quittés les axes principaux. Et bien sûr, la place Sukhbaatar, centre vivant de la ville, spécialement le 1er juin, fête des enfants et des mamans. Ce jour là, on a du mal à croire que l’on est dans l’un des deux pays les moins densément peuplé au monde (avec la Namibie, 2 hab/km2). Toute la Mongolie semble être dans la rue, des grands parents -un peu perdus dans cette agitation- en costumes traditionnels aux enfants en costume-cravate et robes de princesses sortis pour l’occasion. Depuis la colline voisine, Chengis Khan, le père des Mongols, veille sur son peuple.
Le temps de s’apercevoir que l’on ne peut pas encore acheter nos billets de train pour Moscou (en vente la veille du départ seulement), et l’on renfourche nos montures.

Les épreuves

Pas un jour ici sans nouvelle épreuve : un vent de face soufflant sans arrêt jour et nuit, des rafales de vent de côté dont on peine encore à réaliser la force, des journées froides (8 degrés, et un vent glacial de Sibérie), des lendemains trop chauds (40 degrés, plus un gramme de vent), des pistes ensablées, des zones inhabitées et sans rivière alors que les poches à eau sont vides…
La Mongolie est rude, mais elle sait récompenser des efforts à fournir…

L’accueil mongol

Simple et humain. En Mongolie, on ne s’ignore pas, on regarde dans les yeux. D’une manière ou d’une autre, on dit toujours bonjour : “Sain bain oo !”, signe de la main, lever de chapeau, klaxon, appels de phares… Et lorsque l’on rentre dans une yourte, on est chez ses propres parents. Quelle que soit la raison pour laquelle on est entré, la discussion commencera toujours par un bol de lait chaud et des boortsog, les gâteaux secs typiques. Culture nomade.
Ici, l’accueil va de soi. Davka, 16 ans, ne demande pas à ses parents pour nous inviter à planter la tente dans le jardin. Le Lama nous dirige tout de suite dans la pièce chauffée de son monastère. Pouinklichik nous laisserait bien son lit si on n’insistait pas pour dormir par terre dans la yourte familiale.
L’attention envers son prochain est réelle. Naturelle.

Les paysages

Dans un pays grand comme trois fois la France et où vivent seulement 2.5 millions d’habitants, Mère Nature est forcement la reine. Comme si ici, le monde venait de naître. Comme devant les nouveaux nés, on s’émerveille : les couleurs (bleu-vert de l’herbe, jaunes d’or des herbes séchées par le soleil, vert irlandais des prairies, bleu du ciel, violet des iris sauvages, vert auvergnat des forêts au sommet des montagnes,…), les lumières (celles, éclatantes, du soleil couchant, des étoiles qui tardent à s’allumer tant les journées sont longues…), les odeurs (le chaud, les pins, la rivière), les troupeaux d’animaux (moutons, vaches, chèvres, chevaux, chameaux), les insectes (les papillons aux 1000 couleurs). La nature est riche dans sa diversité. L’immensité ajoute de la valeur au trésor.
On ne peut qu’admirer, et réflechir à ce que l’Homme a fait dans nos pays.

La nourriture

Est-ce vraiment une récompense (surtout après la Chine !) ?
Avec les Mongols, on boit du lait chaud et du thé salé au lait. On mange du yaourt fraîchement préparé, du pain et des boortsogs (les gâteaux secs, voire très secs). C’est l’alimentation de base des mois d’été. En hiver, le mouton vient compléter les repas. On a  voulu tester, dans les petits resto locaux : des khuushurs (beignets frits de mouton), du tsiuban (pâtes sautées avec des carottes et des petits morceaux de mouton), un goulash (au mouton !) un peu (!) huileux…
Côté bivouac, on avait quelques réserves de pâtes instantanées chinoises, donc on commence à en avoir un peu marre.
Vivement des fruits et légumes frais !

La page à tourner

Il ne nous reste plus qu’à acheter notre billet de train pour Moscou avant de terminer le chapitre asiatique du voyage. On part demain si tout va bien (mais les billets ne seront en vente que demain matin…).
Plus que le retour en lui-même, ce sont aujourd’hui les 4 jours de train que j’appréhende, après ces 12 jours d’immensité à respirer le grand air.

Un commentaire »

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Commentaire par Aurélie

13 juin 2007 @ 7:44

Waouh…

On reste sans voix, songeur, rêveur, ailleurs…
Le temps s’est arreté encore un long moment après t’avoir lue.

Merci pour tout

Mille baisers,
Ta grande soeur

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