Regards d’ailleurs

Une route de rencontres

Milano nous voilo et Milano ciao (7 au 13 Novembre)

Enregistré dans : Actualité, Italie — seb at 12:39 pm on Lundi, novembre 13, 2006

Commencer par un col dès le matin, c’est assez ardu. On se retrouve en pleine forêt, cette fois c’est l’automne. Du col du Giovo, nous profitons enfin de la vue sur la mer que l’on espérait avant de nous lancer, bien couverts dans la longue descente vers la plaine du Pô. C’est tout de même une belle journée d’automne. Nous mangeons et nous reposons un peu dans l’herbe en écoutant la radio italienne. Le soir, nous plantons la tente dans un champ avec vue sur les Alpes et le Mont Viso avant que la brume ne tombe.

Adriana et sa maman, preparant des vrais ravioli

Le lendemain nous passons la journée dans la grisaille. La pause de midi est courte pour ne pas nous refroidir. Serait-on passés en hiver ? La nuit va tomber encore plus vite avec le mauvais temps… Le bilan de cette journée n’est donc pas très positif avant qu’une maman italienne ne nous sourit depuis son jardin. Elle ne parle que l’italien et nous avons du mal à lui faire comprendre que nous serions très heureux de passer la nuit à l’abri dans son garage. Mais aussitôt qu’elle a compris, elle retire sa voiture du garage et nous invite à prendre une douche en attendant que le repas soit prêt ! Elle a préparé des pâtes au four (pasta al forno) que nous partageons avec elle pendant qu’elle nous aide à comprendre les programmes télé italiens faits de pubs, de jeux et de pubs. Nous goûtons aussi au gorgonzzola et au parmesan dont elle nous coupe un morceau pour la route. Nous dormons finalement dans des lits…

Il nous est difficile de repartir mais le beau temps et les croissants à la marmelade d’Adriana nous donnent du courage. Avant le repas au bord de la rivière, nous traversons un étrange pont flottant. Nous approchons de Milan et nous faisons surprendre par l’étendue de la banlieue. Personne pour nous accueillir, nous dormons dans un parc, l’autoroute en fond sonore. Pas terrible.

Levés à 6 heures, il fait vraiment froid et le thé s’avère indispensable au même titre que les gants. L’approche du centre de Milan n’est pas facile pour des cyclistes. La banlieue semble immense, les tas de sacs poubelles forment de belles pyramides. Lorsque nous arrivons dans le centre, l’auberge de jeunesse dans laquelle nous comptions dormir est complète mais nous pouvons quand même y laisser nos vélos. Nous en sommes bien contents et nous repartons, légers vers le centre visiter le Duomo, église assez impressionnante avec ses 2245 statues. Puis, nous nous dirigeons vers la Cène (tableau de Léonard de Vinci) mais il fallait réserver par téléphone au moins deux semaines à l’avance. Nous retournons chercher nos vélos un peu fatigués par l’agitation de tous ces milanais. Nous repartons par les artères de la ville pour en sortir au plus vite et trouver où dormir avant qu’il ne fasse nuit. Nous ne trouvons que des gens méfiants qui refusent de nous prêter un coin de jardin et nous nous installons derrière des buissons au fond d’un champ, nous sentant un peu seuls au monde.

Ce matin nous retrouvons enfin les champs, les vaches et l’odeur de la campagne. Les déchets restent présents au bord des routes et c’est bien dommage. Nous demandons à une agence immobilière s’il est possible de trouver un point Internet dans les environs. Voilà que l’on nous installe amicalement à un bureau. L’homme qui nous a accueilli doit aller faire une course d’une vingtaine de minutes et nous laisse seuls dans l’agence. Cela n’a pas l’air de plaire à son collègue qui arrive pendant son absence et qui est tout naturellement surpris de nous voir tranquillement installés… Il doit repartir et préfère que nous sortions. Nous pouvons de nouveau rentrer lorsque le premier revient avec un grand sourire ! A midi il fait bien froid et partageons un thé qui nous tiendra chaud jusqu’au soir ou presque. Nous trouvons un bel endroit parmi les arbres pour dormir. Enfin dans la nature !

avec Husseinu et Assan

Nous nous arrêtons après quelques kilomètres devant un point Internet pour finir notre mise en ligne et nous faisons aborder par Assan et Oussine qui sont frères jumeaux de 14 ans. Ils sont sénégalais et comprennent donc un peu le français. Ils nous emmènent chercher de l’eau, nous conduisent sur la place du village où l’on peut manger : c’est la fête de l’agriculture dans le village. Ils nous conduisent ensuite chez eux où ils nous montrent leurs livres de français, nous proposent de jouer aux dames. Ils nous offrent aussi des pommes et un livre chacun. On part ensuite au parc ensemble. Ils nous chantent des chansons, essaient nos instruments… Ils ne veulent pas nous laisser partir et nous demandent pourquoi on ne reste pas vivre ici toute notre vie. L’un d’eux a l’air vraiment triste et on ne peut pas partir comme ça. On fait un dernier jeu avec eux avant de repartir vers le lac d’Iseo où nous passons la nuit.

Ecrit depuis un magasin d’informatique à Iseo.

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