Regards d’ailleurs

Une route de rencontres

L’Arrivée - Aulnois, le 11 août 2007

Enregistré dans : Actualité, France — Jen at 1:02 am on Lundi, novembre 5, 2007

Notre rendez-vous est à 11h. Dernières pauses pour cueillir un bouquet de fleurs des champs, nous prendre en photo devant le panneau Aulnois. Dernier virage. Ca y est. Du haut de la côte où l’on s’arrête, on voit une petite foule toute de blanc vêtue. Il y a onze mois, vous vous tourniez de l’autre côté pour nous dire au revoir…

Dernière descente. A mesure que l’on avance, vous vous « déployez » sur la route, et bloquez la circulation (qui n’en a jamais rêvé à Aulnois ?…). En franchissant la ligne d’arrivée, on découvre des visages que l’on n’attendait pas. Intimidés et émus, nos jambes tremblent. Heureusement, les joyeuses accolades nous apportent l’équilibre !

A partir de ce moment là, on perd la notion du temps. On est pris dans le flot d’une journée pleine d’émotions et d’évènements soigneusement préparés. Tout s’enchaîne sans qu’on ne voie rien arriver, pour notre plus grand bonheur. Quelques flashs, en vrac.

La déco du jardin - le panneau des distances de quelques grandes villes du voyage, le cairn, les drapeaux de prières népalais,… -, et celle de la maison : des agrandissement de photos du voyage, le nom des chambres changés pour l’occasion, le panneau des toilettes… Tant de petites choses qui nous permettent de réaliser qu’on a vécu une grande aventure…

Tous les gens présents, famille ou amis. Quel bonheur de vous voir tous rassemblés ici, pour nous, et de pouvoir vous raconter nos premières anecdotes. Un an sans se voir, il y en a des choses à raconter ! La soirée nous permet aussi de mieux connaître des gens qui nous ont suivi avec passion et qui nous le font bien ressentir pour notre plus grand plaisir.

Agréable petit moment avec le journaliste de l’Union, venu préparer un article sur le voyage. L’occasion pour nous de livrer nos impressions, et de prendre conscience que le voyage est terminé. L’heure est au bilan : quel est votre plus beau souvenir ? avez-vous eu peur ?… Le courant passe très bien avec lui, et on ne s’étonne pas de la qualité de son article (ici ou là en plus complet), dans lequel on se retrouve (nous voilà rabibochés avec les journalistes !).


Et puis aussi la projection de Guillaume chantant « Polyglotte » adaptée à notre voyage, les bons petits plats et gâteaux en forme ou portant le logo du voyage, le jeu des quinze pays fabriqué par Aurélie, les bouteilles de Champagne Regards d’Ailleurs, la soirée musique qui commence par « Jen & Séb » interprétée par une chorale d’un soir, le lâcher de ballons, les photos de Mongolie projetées sur le mur fissuré, la mode des TShirts du voyage…

Un grand merci à tous pour cette arrivée. Une dernière page aussi belle que les précédentes, avant de changer de chapitre…

Jen & Séb

Heureux qui comme Rozette, Jen, Rozo et Séb ont fait un beau voyage…

Berlin-Aulnois, dernière ligne droite

Enregistré dans : Actualité, France — seb at 12:25 am on Dimanche, septembre 9, 2007

L’Allemagne à trois

A Berlin, nous retrouvons Alain, l’oncle de Jen qui vit la bas depuis une quarantaine d’années. Après nous avoir fait découvrir sa ville, il équipe son vélo et part avec nous sur les routes.

On apprécie beaucoup sa compagnie et son humeur à toute épreuve. Les conditions sont dures avec le vent, la pluie et des côtes à 18% mais il ne perd pas son sens de l’humour. On expérimente avec lui une nouvelle façon de voyager puisqu’il nous sert parfois d’interprète. On a ainsi pu raconter quelques épisodes du voyage à un directeur de centre de vacances qui nous a accueillis dans un petit village d’ex Allemagne de l’Est.

Nos familles nous accompagnent sur la route
Celle de Jen arrive en camping car et 3 vélos. Ils sont prêts à nous suivre. Quelques jours plus tard, on retrouve mes parents. Jolie tribu !


(il n’y a pas de photos, mais les mamans, la soeur et le neveu de Jen sont aussi montés sur les vélos)

On saisit l’état d’esprit dans lequel on est au cours d’un long voyage par contraste avec l’ambiance des journées de vélos en grand groupe qui nous font souvent penser à des journées sur les pistes de ski (”waouh ! La descente à 25% ! Heureusement qu’on la prenait dans ce sens !”). Bien sûr cette fois, ce sont des pistes cyclables.
On est contents d’avoir choisi ou une transition douce où on retrouve nos proches avant que notre route ne soit terminée.

Frontière française et derniers kilomètres
Une fois les pieds en France, nos familles nous laissent pour nous permettre de vivre cette transition importante en vraies conditions de voyage (et accessoirement pour préparer notre arrivée à Aulnois 2 jours plus tard).
Après 9 mois hors de notre pays, nous pouvons de nouveau comprendre la langue des gens sans peine. Discuter devient facile et plaisant. Les Français nous réservent un bon accueil : on passe une nuit dans un centre équestre, on nous offre des crêpes au Nutella, on partage le petit déjeuner du matin… Des moments d’autant plus plaisants que les journées sont difficiles : sous la pluie et le vent qui ne nous lâchent pas une seconde. On a même eu froid en ce début de mois d’Août ! On a ressorti le réchaud pour nous cuisiner une soupe à l’abri d’un hangar abandonné. Contents de nous sentir encore un peu à l’aventure…

Pologne

Enregistré dans : Actualité, Pologne — seb at 2:00 am on Mercredi, juillet 25, 2007

Le retour approche et on pense de plus en plus aux retrouvailles, au mois d’Aout ou au mois de Septembre mais le voyage n’est pas fini pour autant. C’est pratiquement la derniere fois que nous devons apprendre les expressions de base d’une langue. Cette fois c’est a la station essence que le pompiste nous les apprend entre deux clients.

Depuis l’Estonie, nous continuons de rouler davantage que ce que nous en avons l’habitude pour arriver a l’heure a la maison (plutot 80 km par jour que 50). Les journnees de velos sont donc parfois un peu longues mais les polonais dont nous sollicitons l’accueil nous apportent le soir et au reveil ce qui manque a nos journees un peu solitaires. On a bien apprecie les soirees passees dans la fraicheur du soir assis au jardin avec des familles allant des grands parents aux petits enfants ou simplement poser notre tente entre un poulailler et un verger dans une ferme. Les petits dejeuners nous font aussi tres plaisir : des saucisses avec moutarde et sauce tomate, pain et beurre, poisson frit, cornichons du jardin…

Alors que nous avions froid quelques jours auparavant, la chaleur nous tombe brusquement dessus, rendant notre avancee penible, sur du goudron parfois fondu qui colle aux pneus. Par chance, les regions que nous traversons sont parsemees de lacs ou nous pouvons nous rafraichir. Les maillots de bains sont de sortie !
L’ete etant arrive, nous nous sommes remis aux piques niques : tomates, concombres et pain avec des legumes ou des poissons en sauce (que l’on attrape aux baguettes. On ne s’est pas encore completement remis aux couverts !)
On profite aussi parfois de la longueur du jour pour pedaler le soir. On avance vers l’Ouest et on pedale donc chaque jour vers le coucher de soleil, sur un horizon nouveau. On profite pour quelques semaines encore de ce tresor propre au voyage…

Lituanie express

Enregistré dans : Actualité, Pays baltes — Jen at 1:58 am on Mercredi, juillet 25, 2007

Nous voila de nouveau a deux pour continuer notre traversee de l’Europe. La Nature semble se venger de la semaine magnifique qui vient de passer : la pluie est menacante tous les jours, le paysage se vallonne alors qu’on accelere le rythme pour etre a l’heure en France. L’avantage, c’est qu’il devient bien plus joli : les forets laissent enfin place aux champs de ble, les lacs bordes de roseaux et couverts de nenuphars sont parfaits pour les petites pauses tranquilles, les cigognes, majestueuses, nous accompagnent en vol plane au bors de la route.

On fete notre entree dans le pays avec un rassemblement de voisins, le samedi midi : biere et cidre en bouteille plastique de deux litres, vodka (enfin !), charcuterie maison et legumes du jardin. Les elements du groupe les moins emeches nous font visiter la ferme : les cochons que l’on tuera l’annee prochaine pour faire des brochettes comme celles que l’on est en train de manger (!), la machine a laver dont les programmes prevoient des pauses pour permettre de rajouter l’eau qu’il faut aller chercher au puits…
Une bien joyeuse bande !

Je prends plaisir a retrouver les supermarches pour les courses. Ils sont un veritable indice culturel du pays. Ici par exemple, les saucisses sechees pendent au rayon frais, a cote des poissons sous vide ou dans les seaux transparents, l’oeil toujours rond semblant dire “tu crois vraiment que je peux etre frais ?…”. Les rayons pain et the rivalisent de taille avec celui d’alcool, pourtant deja non negligeable. Comme en Russie, les bonbons et fruits secs s’achetent en libre service, comme les legumes chez nous.
Pour les 7000 km, je ressors du marche avec la traditionnelle biere, et une boite de caviar russe ‘IKPA’. Il fallait bien gouter !

Giedrius, ses deux soeurs et ses parents nous accueillent dans leur ferme pour notre derniere nuit lituanienne. On plante la tente a cote du poulailler, sous la bruine. Au loin, le soleil couchant nous offre le plaisir d’un arc en ciel.
Les enfants sont en vacances, mais s’activent pour tout faire dans la ferme : transporter le foin, ranger les poules, faire la vaisselle au puits, nous offrir du lait frais, du lard blanc et des fraises du jardin (excellentes !)… Seb, reveille et leve plus tot que moi le lendemain matin, s’offre un debut de matinee d’animation : carre chinois, speed…

On traverse la frontiere polonaise en meme temps que deux couples de motards espagnols. Difficile de s’y remettre apres un an d’anglais ! “?Hace mucho tiempo que traveleis ?” (Seb)
Ils seront a Berlin demain, nous dans une dizaine de jours… Le temps est notre richesse.

Estonie - Lettonie, a 3

Enregistré dans : Actualité, Pays baltes — seb at 1:55 am on Mercredi, juillet 25, 2007

En cours de redaction

Moscou - Saint Petersbourg

Enregistré dans : Actualité, russie — Jen at 8:34 pm on Mardi, juillet 24, 2007

Si le transiberien nous a permis d’avoir un petit apercu de la Russie, c’est bien dans les deux villes d’exception du pays que nous nous sommes arretes !

Moscou

Mis a part notre coup de coeur pour l’exterieur de la cathedrale Basil le bienheureux, on serait de bien mauvais conseillers pour visiter la ville. Et pour cause, on n’en a pas eu le temps (a part les balades a pied a deambuler dans le centre) ! Mais qu’avons nous fait alors ?

Nous avons ete heberges par les Massevitch (la maman, les trois enfants et copains copines de chaque). L’ambiance de collocation qui regne dans leur appartement est bien pratique pour nous : en plus de s’y sentir a l’aise, leurs horaires nous permettent de profiter intensement de notre sejour (diner a minuit, coucher a partir de 2h seulement).
Natasha la maman est bavarde, et en francais ! On l’aide un peu a preparer son voyage en France cet ete… a velo !
Le dernier jour, on a le plaisir de partager l’apero d’anniversaire de Gosha, le fils. Champagne ! Ses copains nous rejoignent, et l’un d’eux essaye la guitare cadeau en jouant du Brassens…

Nos fins de soirees ont toutes ete bien remplies, mais les journees l’etaient aussi puisque nous avons rendu visite a l’ecole francaise. Coup de coeur pour les maternelles bilingues de Laurence qui nous montrent des jeux et nous chantent des chansons russes.
Nous passons d’ailleurs deux soirees bien agreables chez elle, a decouvrir son univers de folklore russe : sa joyeuse troupe de musiciens, sa vielle a roue, ses peintures chansons…

Pour le Kremlin et tous les autres sites touristiques, il faudra revenir. Si vous voulez le visiter, sachez qu’il est ferme le jeudi, vous pouvez croire notre experience !

Saint Petersbourg

Un train de nuit nous debarque dans la ville a 5h du matin. Sur le quai, impossible de reconstruire mon velo, le guidon ne veut plus tenir en place. Apres avoir secouer Rosette (ce qui semble etre le nom de mon velo), un petit bout en tombe, et on arrive enfin a refixer son guidon. Ouf !

La nuit a ete courte, et on decide de s’installer dans un parc au soleil. Seb fait la connaissance de Joseph avec qui nous allons passer toute la journee. Il nous emmene chez sa grand mere pour prendre le the, a l’atelier ou il aide a construire un bateau de l’epoque de Pierre le Grand, au point d’ancrage du bateau deja a l’eau, dans un parc pour rencontrer ses amis de Greenpeace… Joseph se deplace aussi a velo. Ce jour la, on pedale 71 km dans la ville avec lui !

Le soir, il nous emmene chez Lara, une amie chez qui il nous propose de dormir. Le courant passe bien, on reste une nuit de plus chez elle. Traductrice de formation, elle est devenue ethnologue passionnee. Son appart minimaliste reflete son caractere calme et reflechi. Un havre de paix.
On regarde ensemble les photos de l’Inde : elle attend le moment “propice” pour quitter son travail et se porter benevole dans les montagnes indiennes…

C’est a velo que l’on continue de decouvrir la ville. Une atmosphere romantique (les mariages, les limousines…), une architecture europeenne (les canaux d’Amsterdam, les colonnes grecques, les statues italiennes…), et l’Asie est deja bien loin !
Les journees, si longues a cette epoque (dans les appartements, les lumieres ne sont utiles qu a partir de minuit), nous permettent de bien en profiter, meme si on perd un peu nos reperes. Essayez d’aller vous coucher alors que le soleil est encore bien haut dans le ciel, vous verrez…

Retrouver l’Europe

On quitte la Russie par un train pour Tallin. Peu de probleme pour y faire entrer les velos, et encore moins pour passer la frontiere malgre nos visas non enregistres, comme l’oblige theoriquement la loi russe.
Depuis la fenetre du train, qu’on ne peut meme pas ouvrir pour prendre un e photo, le drapeau europeen flotte au vent. A bientot l’Asie…

Le transsiberien. Retour en Europe.

Enregistré dans : Actualité, russie — seb at 8:22 am on Vendredi, juin 29, 2007

Nous y tenions beaucoup. Rentrer vers l’Europe par la terre pour profiter d’une transition lente entre deux mondes. Les paysages qui séparent la Chine de chez nous défilent sous nos yeux. Nous sommes à bord d’un train légendaire pour découvrir une partie de la plus longue voie de chemin de fer du monde. 6000 km, c’est autant que ce que nous avons fait jusqu’à présent à vélo.
Nous montons dans le train un soir dans l’une des dernières villes de Mongolie avant la frontière russe. N’ayant pas réussi à laisser nos bicyclettes au service bagages, nous montons avec dans le train ce qui ne plait pas beaucoup au contrôleur qui ne veut pas les voir dans le couloir. Il semble vouloir que nous les mettions sur une de nos couchettes et que nous en partagions une autre à deux ! Heureusement, les compartiments sont équipés d’un grand casier où nous parvenons à ranger un vélo un peu démonté. Le deuxième reste dans l’allée de notre cabine.

Notre premier contact avec les russes se fait à la frontière. On nous fait ressortir le vélo de son logement pour qu’un commando inspecte les doubles plafond pendant qu’une douanière nous demande poliment “sortez !” pour contrôler nos passeports. Elle examine plusieurs fois nos photos en la comparant à nos visages d’un air sévère.

Le lendemain matin, il me surprend même si je l’attendais. Le lac Baïkal, “l’oeil bleu de la Siberie” qui comporte 1/5ieme des réserves d’eau douce de la planète. Nous le longeons pendant quelques 200 kilomètres. Sa clarté nous étonne. De l’autre côté des rails, des torrents nous arrivent depuis des montagnes boisées présentant encore quelques traces de neige. Le ciel est bleu, l’eau brille et l’herbe parsemée de fleurs jaunes, oranges et blanches donne le meilleur de son vert au bord du lac.

La vie à bord s’installe doucement. Les journées s’articulent autour de repas de nouilles chinoises que l’on prépare grace à l’eau chaude dont on peut se servir au samovar que l’on trouve dans chaque wagon. Pour ne pas se laisser endormir par le bercement continu du train et lorsque lire ou ecrire nous fatigue, on s’installe dans le couloir, la tête à la fenêtre ouverte. On profite alors de l’air frais et des odeurs de cette forêt de sapins et de bouleaux sans fin : la taïga sibérienne. On croise régulièrement de petits villages en bois qui ont l’air paisibles et nous donnent évidemment envie de nous arrêter.
Notre wagon est pratiquement vide. Il y a évidemment des deux inévitables wagons des commerçants chinois remplis de marchandises jusqu’au plafond. On échange assez peu avec eux mis à part de la monnaie mongole contre des roubles russes et un plat de nouilles qu’ils nous offrent. On partage par contre bien plus avec la famille russe, très accueillante une fois le contact établi avec le fils de 8 ans avec qui je joue d’abord aux cartes. On passe quelques moments dans leur cabine au fil du voyage, à boire du thé, jouer aux cartes ou à d’autres jeux, à regarder leurs photos, à discuter un peu en anglais…

Nous arrivons à Moscou après 3 jours et demi et 4 nuits de voyage dans ce train. Un rythme paisible s’est installé à bord et nous n’avons pas trouvé le temps long. Il a coulé doucement. Trois heures de train nous sembleront sûrement bien courtes à présent…

Nouveautés sur le site

Enregistré dans : Actualité — Jen at 5:52 am on Mercredi, juin 13, 2007

Une page de liens vient d’être créée dans l’onglet “le projet”. On la complètera lorsque l’on retrouvera nos anciens carnets, déjà rentrés à la maison !

Un nouveau partenaire sponsorise le voyage. AGA nous offre 1000 euros. On les remercie encore !

 

Le coup de coeur mongol

Enregistré dans : Actualité, Mongolie — Jen at 5:07 am on Mercredi, juin 13, 2007

L’arrivée

30h de Transmongolien pour relier Pékin à Ulaan Baatar, la capitale mongole. “Un train pas comme les autres” dit-on, et c’est vrai ! Ici, on n’imagine pas rester allonges sur sa couchette le temps du trajet. Il y tant de monde à découvrir ! Le marchand chinois, les étudiants mongols qui reviennent au pays pour les vacances, les voyageurs qui sont souvent partis eux aussi pour un an… Et le paysage à regarder défiler : Pékin et sa banlieue sur-industrialisée, nos derniers villages chinois, cachés dans des vallées escarpées, le retour à la nature en Mongolie Intérieure, la ville frontière (ou le train change les boggies à cause de la différence d’écartement des rails de l’ancien empire soviétique), et enfin la Mongolie qui paraît bien déserte. Ulaan Baatar, champignon des steppes, surgit au détour d’un virage.

Ulaan Baatar

C’est depuis une guest house - appartement où l’on se sent bien chez soi que l’on part explorer la ville, au gré de nos envies et besoins. Le grand magasin d’Etat pour faire nos courses (un des restes bien caractéristiques du passe soviétique), la librairie française pour faire le plein de lecture (mais non en fait, juste pour flâner), les rues en terre une fois quittés les axes principaux. Et bien sûr, la place Sukhbaatar, centre vivant de la ville, spécialement le 1er juin, fête des enfants et des mamans. Ce jour là, on a du mal à croire que l’on est dans l’un des deux pays les moins densément peuplé au monde (avec la Namibie, 2 hab/km2). Toute la Mongolie semble être dans la rue, des grands parents -un peu perdus dans cette agitation- en costumes traditionnels aux enfants en costume-cravate et robes de princesses sortis pour l’occasion. Depuis la colline voisine, Chengis Khan, le père des Mongols, veille sur son peuple.
Le temps de s’apercevoir que l’on ne peut pas encore acheter nos billets de train pour Moscou (en vente la veille du départ seulement), et l’on renfourche nos montures.

Les épreuves

Pas un jour ici sans nouvelle épreuve : un vent de face soufflant sans arrêt jour et nuit, des rafales de vent de côté dont on peine encore à réaliser la force, des journées froides (8 degrés, et un vent glacial de Sibérie), des lendemains trop chauds (40 degrés, plus un gramme de vent), des pistes ensablées, des zones inhabitées et sans rivière alors que les poches à eau sont vides…
La Mongolie est rude, mais elle sait récompenser des efforts à fournir…

L’accueil mongol

Simple et humain. En Mongolie, on ne s’ignore pas, on regarde dans les yeux. D’une manière ou d’une autre, on dit toujours bonjour : “Sain bain oo !”, signe de la main, lever de chapeau, klaxon, appels de phares… Et lorsque l’on rentre dans une yourte, on est chez ses propres parents. Quelle que soit la raison pour laquelle on est entré, la discussion commencera toujours par un bol de lait chaud et des boortsog, les gâteaux secs typiques. Culture nomade.
Ici, l’accueil va de soi. Davka, 16 ans, ne demande pas à ses parents pour nous inviter à planter la tente dans le jardin. Le Lama nous dirige tout de suite dans la pièce chauffée de son monastère. Pouinklichik nous laisserait bien son lit si on n’insistait pas pour dormir par terre dans la yourte familiale.
L’attention envers son prochain est réelle. Naturelle.

Les paysages

Dans un pays grand comme trois fois la France et où vivent seulement 2.5 millions d’habitants, Mère Nature est forcement la reine. Comme si ici, le monde venait de naître. Comme devant les nouveaux nés, on s’émerveille : les couleurs (bleu-vert de l’herbe, jaunes d’or des herbes séchées par le soleil, vert irlandais des prairies, bleu du ciel, violet des iris sauvages, vert auvergnat des forêts au sommet des montagnes,…), les lumières (celles, éclatantes, du soleil couchant, des étoiles qui tardent à s’allumer tant les journées sont longues…), les odeurs (le chaud, les pins, la rivière), les troupeaux d’animaux (moutons, vaches, chèvres, chevaux, chameaux), les insectes (les papillons aux 1000 couleurs). La nature est riche dans sa diversité. L’immensité ajoute de la valeur au trésor.
On ne peut qu’admirer, et réflechir à ce que l’Homme a fait dans nos pays.

La nourriture

Est-ce vraiment une récompense (surtout après la Chine !) ?
Avec les Mongols, on boit du lait chaud et du thé salé au lait. On mange du yaourt fraîchement préparé, du pain et des boortsogs (les gâteaux secs, voire très secs). C’est l’alimentation de base des mois d’été. En hiver, le mouton vient compléter les repas. On a  voulu tester, dans les petits resto locaux : des khuushurs (beignets frits de mouton), du tsiuban (pâtes sautées avec des carottes et des petits morceaux de mouton), un goulash (au mouton !) un peu (!) huileux…
Côté bivouac, on avait quelques réserves de pâtes instantanées chinoises, donc on commence à en avoir un peu marre.
Vivement des fruits et légumes frais !

La page à tourner

Il ne nous reste plus qu’à acheter notre billet de train pour Moscou avant de terminer le chapitre asiatique du voyage. On part demain si tout va bien (mais les billets ne seront en vente que demain matin…).
Plus que le retour en lui-même, ce sont aujourd’hui les 4 jours de train que j’appréhende, après ces 12 jours d’immensité à respirer le grand air.

La Chine, si vaste

Enregistré dans : Actualité, Chine — seb at 7:50 am on Vendredi, mai 25, 2007

La reprise

Sitôt de nouveau assis sur nos vélos, nous redécouvrons les avantages de découvrir un pays de cette façon. Ils nous rendent sympathiques et nous permettent d’amorcer un échange avec les habitants. C’est parfois simplement un signe du pouce d’un passant ou de gendarmes serrés à 5 dans une petite voiture, des sourires et des rires. Nous rions souvent avec les chinois, sans doute parce que nous utilisons un moyen de communication inhabituel : exclusivement le mime parce que nous ne parlons pas un mot de leur langue. Il est déjà bien difficile de faire comprendre la phrase disant que nous ne parlons pas le chinois…

Les premiers jours de vélo sont parmi les meilleurs. Nous roulons sur des chemins et sur de petites routes entre rivières et rizières où pataugent des paysans avec leur boeuf et leur charrue. Ils sont entourés de pitons rocheux boisés, décors typiquement chinois. Nous passons notre première nuit dans ce joli coin de nature sous notre moustiquaire et les étoiles. Le lendemain, nous mettons nos vélos sur une péniche pour traverser la rivière et continuer notre route de l’autre côté. Petit goût d’aventure même si nous croisons des bateaux de touristes descendant les gorges.

Des rencontres

L’accueil des chinois est d’une spontanéité étonnante. Ils comprennent très vite que nous voulons planter notre tente près de leur maison pour passer la nuit et acceptent sans hésitation. Ils nous proposent parfois de plutôt dormir à l’intérieur ou de simplement partager le repas avec eux. Toujours aussi souriants. On se sent chez eux comme chez nous. Ils ont une certaine façon de nous mettre à l’aise… ou alors est ce que nous nous habituons à accepter et mieux vivre un accueil ?

Episode amusant : Alors que nous sommes assis à l’ombre sur un escalier, un couple nous apporte deux bouteilles d’eau et un sac de nourriture contenant des brioches, des biscuits et …des pieds de poulet ! Est ce parce qu’il faut nécessairement être pauvre pour se déplacer avec un véhicule sans moteur ou parce que nous sommes tellement sales que nous avons l’air de mendiants ?

Dans la ville la plus sacrée de Chine pour les taoistes, nous nous arrêtons d’abord dans un petit temple. Un moine nous apporte d’abord à boire, puis nous offre un évantail et un bracelet à chacun avant de nous conduire jusqu’à d’autres temples… Pourquoi tant d’attentions ?

Les bus

La Chine est tellement grande que nous sommes obligés de prendre des bus pour rejoindre Pékin en un temps raisonnable. Ils sont heureusement plus faciles à trouver que ce à quoi nous nous attendions. Une fois la station de bus trouvée dans une ville, un bus est presque toujours sur le point de partir et semble nous attendre. Mettre les vélos dans le bus est plus ou moins facile. On a dû à peu près tout essayer : sur le toit, dans la soute, entiers ou sans les roues avant, dans le coffre, dans le fond du bus, derrière le siège du chauffeur, dans l’allée…
La plupart du temps, les chauffeurs sont sympas et nous aident mais certains nous font parfois de petites frayeurs lorsque nous sommes sur le point de prendre un bus de nuit et qu’il commence par refuser d’embarquer nos vélos. Il suffit en général d’insister gentiment.
En arrivant sur Pékin vers 23h, le chauffeur refuse d’ouvrir la soute. Il veut que nous lui donnions de l’argent pour que nous puissions les récupérer ! Sûrs de nous (mais un peu tendus quand même) nous croisons les bras pour lui montrer que nous ne paierons pas et que nous ne sommes pas pressés. Certainement fatigué par une longue route, il nous ouvre la soute après quelques minutes.

Les repas

Manger sur la route en Chine est très plaisant. Dans les villes, on trouve de nombreuses petites échoppes où la cuisine est faite sous nos yeux, parfois sur la rue. Ca nous facilite bien la tâche pour expliquer ce que nous voulons manger, il suffit de montrer. Il est surtout bien agréable de pouvoir voir un plat avant de choisir et de passer à table. Certains vendent aussi de quoi manger dans la rue. Leur matériel est installé sur des charrettes et proposent des légumes, du riz ou des nouilles qu’ils font devant nous en coupant des morceaux dans une boule de pâte. Le tout est toujours bon marché alors on ne se prive pas !

Joyeux anniversaire

Pour mes 24 ans, mon matelas est crevé, il faut trouver les fuites (oui il y en a plusieurs) et coller des rustines. Après cela, on entre dans une zone d’extraction du charbon. Les mines sont partout, à ciel ouvert et les camions remplis de poudre noire partagent la route avec nous. L’air irrite un peu le nez et la gorge, impossible de prendre un bus, les villes que l’on traverse sont trop petites. Personne ne traîne dans les rues, les rivières ont une couleur verte un peu fluo. Comment peut-on vivre ici ? Nous sommes complètement noirs le soir mais nous trouvons une chambre avec salle de bain pour nous décrasser. On prend notre repas dehors. Mon gâteau d’anniversaire est une banane et Jen a même pensé aux bougies.

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