Regards d’ailleurs

Une route de rencontres

Apéro chinois et thé mongol

Enregistré dans : À table !, Chine, Mongolie — Jen at 5:04 am on Jeudi, juin 14, 2007

Ca faisait longtemps, mais enfin, les recettes reviennent ! A vos fourneaux !

Apéro chinois

Testé à Pékin, chez notre hôte Sky, qui, lorsqu’il nous voit ne peut plus nous héberger (”ça va gêner mes parents”).
note : l’appart pourrait accueillir 100 vélos et leurs propriétaires tant il est grand et vide. Passons…

Je cite le carnet de Seb pour la recette, et rajoute des explications et détails entre crochets.

“Un apéro chinois est une canette de thé [Carrefour !] que l’on donne à l’entrée [sur le pas de la porte] à ses invités, avant de les inviter à s’asseoir dans le salon et faire 2, 3 affaires [ranger sa chambre, gonfler les pneus de son velo…]. Il faut ensuite ouvrir un paquet de biscuits et ne pas en manger soi-même [alors qu’on a dit qu’on en mangerait]. Ne pas dire d’ouvrir les canettes qui restent fermées et proposer d’y aller quelques minutes plus tard.”

Recette utile puisqu’elle ne vous retient pas en cuisine pendant que vos invités sont la !

Thé salé mongol

Testé chez Pouinklichik, dans les steppes.

Le poële de la yourte doit déjà être chaud. Sinon, rajouter du bois, ou à défaut, des bouses de vaches séchées.
Poser une bassine en métal sur le poële. Ajouter 3 grosses louches d’eau (une louche équivaut à une casserole de petite taille de chez nous) précédemment récupérée au puits chez le voisin, une poignée de sel (oubliez la pincée…).
Aller chercher le sac à dos en cuir accroché au “mur” de la yourte, vers la “cuisine”. En profiter pour prendre la hâche, coincée entre les “poutres” et le “plafond” au dessus de la porte d’entrée. Demander à un adulte de hâcher quelques morceaux du bloc contenu dans le sac. Verser cette poudre dans la bassine. Couvrir. Ranger le sac à dos et la hâche.
Aller s’occuper du lait fraîchement trait (tamisage pour enlever mouches et herbes, mise en bidons (d’essence), cargaison de la carriole pour aller déposer le lait dans le puits en bas de la colline, au frais, avant que le camion citerne ne vienne le chercher le lendemain).
Transvaser le contenu de la bassine (le thé !) dans le thermos de 2L rouge à fleurs plutot kitsh.
Servir dans des bols. Déguster auprès du poèle.

On attend vos remarques et suggestions pour pouvoir améliorer au maximum ces deux recettes !

La Chine, si vaste

Enregistré dans : Actualité, Chine — seb at 7:50 am on Vendredi, mai 25, 2007

La reprise

Sitôt de nouveau assis sur nos vélos, nous redécouvrons les avantages de découvrir un pays de cette façon. Ils nous rendent sympathiques et nous permettent d’amorcer un échange avec les habitants. C’est parfois simplement un signe du pouce d’un passant ou de gendarmes serrés à 5 dans une petite voiture, des sourires et des rires. Nous rions souvent avec les chinois, sans doute parce que nous utilisons un moyen de communication inhabituel : exclusivement le mime parce que nous ne parlons pas un mot de leur langue. Il est déjà bien difficile de faire comprendre la phrase disant que nous ne parlons pas le chinois…

Les premiers jours de vélo sont parmi les meilleurs. Nous roulons sur des chemins et sur de petites routes entre rivières et rizières où pataugent des paysans avec leur boeuf et leur charrue. Ils sont entourés de pitons rocheux boisés, décors typiquement chinois. Nous passons notre première nuit dans ce joli coin de nature sous notre moustiquaire et les étoiles. Le lendemain, nous mettons nos vélos sur une péniche pour traverser la rivière et continuer notre route de l’autre côté. Petit goût d’aventure même si nous croisons des bateaux de touristes descendant les gorges.

Des rencontres

L’accueil des chinois est d’une spontanéité étonnante. Ils comprennent très vite que nous voulons planter notre tente près de leur maison pour passer la nuit et acceptent sans hésitation. Ils nous proposent parfois de plutôt dormir à l’intérieur ou de simplement partager le repas avec eux. Toujours aussi souriants. On se sent chez eux comme chez nous. Ils ont une certaine façon de nous mettre à l’aise… ou alors est ce que nous nous habituons à accepter et mieux vivre un accueil ?

Episode amusant : Alors que nous sommes assis à l’ombre sur un escalier, un couple nous apporte deux bouteilles d’eau et un sac de nourriture contenant des brioches, des biscuits et …des pieds de poulet ! Est ce parce qu’il faut nécessairement être pauvre pour se déplacer avec un véhicule sans moteur ou parce que nous sommes tellement sales que nous avons l’air de mendiants ?

Dans la ville la plus sacrée de Chine pour les taoistes, nous nous arrêtons d’abord dans un petit temple. Un moine nous apporte d’abord à boire, puis nous offre un évantail et un bracelet à chacun avant de nous conduire jusqu’à d’autres temples… Pourquoi tant d’attentions ?

Les bus

La Chine est tellement grande que nous sommes obligés de prendre des bus pour rejoindre Pékin en un temps raisonnable. Ils sont heureusement plus faciles à trouver que ce à quoi nous nous attendions. Une fois la station de bus trouvée dans une ville, un bus est presque toujours sur le point de partir et semble nous attendre. Mettre les vélos dans le bus est plus ou moins facile. On a dû à peu près tout essayer : sur le toit, dans la soute, entiers ou sans les roues avant, dans le coffre, dans le fond du bus, derrière le siège du chauffeur, dans l’allée…
La plupart du temps, les chauffeurs sont sympas et nous aident mais certains nous font parfois de petites frayeurs lorsque nous sommes sur le point de prendre un bus de nuit et qu’il commence par refuser d’embarquer nos vélos. Il suffit en général d’insister gentiment.
En arrivant sur Pékin vers 23h, le chauffeur refuse d’ouvrir la soute. Il veut que nous lui donnions de l’argent pour que nous puissions les récupérer ! Sûrs de nous (mais un peu tendus quand même) nous croisons les bras pour lui montrer que nous ne paierons pas et que nous ne sommes pas pressés. Certainement fatigué par une longue route, il nous ouvre la soute après quelques minutes.

Les repas

Manger sur la route en Chine est très plaisant. Dans les villes, on trouve de nombreuses petites échoppes où la cuisine est faite sous nos yeux, parfois sur la rue. Ca nous facilite bien la tâche pour expliquer ce que nous voulons manger, il suffit de montrer. Il est surtout bien agréable de pouvoir voir un plat avant de choisir et de passer à table. Certains vendent aussi de quoi manger dans la rue. Leur matériel est installé sur des charrettes et proposent des légumes, du riz ou des nouilles qu’ils font devant nous en coupant des morceaux dans une boule de pâte. Le tout est toujours bon marché alors on ne se prive pas !

Joyeux anniversaire

Pour mes 24 ans, mon matelas est crevé, il faut trouver les fuites (oui il y en a plusieurs) et coller des rustines. Après cela, on entre dans une zone d’extraction du charbon. Les mines sont partout, à ciel ouvert et les camions remplis de poudre noire partagent la route avec nous. L’air irrite un peu le nez et la gorge, impossible de prendre un bus, les villes que l’on traverse sont trop petites. Personne ne traîne dans les rues, les rivières ont une couleur verte un peu fluo. Comment peut-on vivre ici ? Nous sommes complètement noirs le soir mais nous trouvons une chambre avec salle de bain pour nous décrasser. On prend notre repas dehors. Mon gâteau d’anniversaire est une banane et Jen a même pensé aux bougies.

Retour à la modernité : Hong-Kong

Enregistré dans : Actualité, Chine — seb at 6:39 am on Samedi, mai 5, 2007

On ne pouvait sans doute pas faire de transition plus marquée. On quitte le Népal qui a toujours un pied dans le moyen âge pour arriver à Hong Kong, à la pointe des nouvelles technologies. Ce qui ne nous surprend plus au bout d’une semaine ici commence par attirer notre attention : des écrans plats, des tapis roulants et escalators (même pour monter 10 marches), de nombreux éclairages, le métro, les ascenseurs, les voitures de luxe, la climatisation partout, des machines pour faire briller le sol… On s’y sent un peu perdus.
Le sommet du futurisme arrive le soir avec le spectacle de lumières qu’offrent les tours du centre des affaires. Des lasers verts et des lumières blanches courent dans le ciel depuis le sommet des buildings de 400m de hauteur, qui jouent eux aussi de lumières. Le tout en musique. On n’est décidément plus au Népal.
En attendant nos divers visas (chinois, mongols et russes), on a le temps de retrouver Olivier (mon ancien colloc), de le suivre dans quelques coins de Hong Kong et de Shenzhen où il habite (c’est la première ville chinoise derrière la frontière hong kongaise). On profite d’un sauna suivi d’un massage de 2h pour un prix presque dérisoire, on s’habitue à manger avec les baguettes, on joue aux cartes, on prépare notre itinéraire vers Pékin, on goûte au serpent et à de nouveaux fruits (le fruit du dragon) et on profite à nouveau des massages : cette fois, ce sont les pieds.
On est maintenant prêts pour découvrir les routes de la Chine. Samedi 5 mai, 19h30 (ce soir !), un bus nous emmène vers Guilin avec nos vélos.