Regards d’ailleurs

Une route de rencontres

Moscou - Saint Petersbourg

Enregistré dans : Actualité, russie — Jen at 8:34 pm on Mardi, juillet 24, 2007

Si le transiberien nous a permis d’avoir un petit apercu de la Russie, c’est bien dans les deux villes d’exception du pays que nous nous sommes arretes !

Moscou

Mis a part notre coup de coeur pour l’exterieur de la cathedrale Basil le bienheureux, on serait de bien mauvais conseillers pour visiter la ville. Et pour cause, on n’en a pas eu le temps (a part les balades a pied a deambuler dans le centre) ! Mais qu’avons nous fait alors ?

Nous avons ete heberges par les Massevitch (la maman, les trois enfants et copains copines de chaque). L’ambiance de collocation qui regne dans leur appartement est bien pratique pour nous : en plus de s’y sentir a l’aise, leurs horaires nous permettent de profiter intensement de notre sejour (diner a minuit, coucher a partir de 2h seulement).
Natasha la maman est bavarde, et en francais ! On l’aide un peu a preparer son voyage en France cet ete… a velo !
Le dernier jour, on a le plaisir de partager l’apero d’anniversaire de Gosha, le fils. Champagne ! Ses copains nous rejoignent, et l’un d’eux essaye la guitare cadeau en jouant du Brassens…

Nos fins de soirees ont toutes ete bien remplies, mais les journees l’etaient aussi puisque nous avons rendu visite a l’ecole francaise. Coup de coeur pour les maternelles bilingues de Laurence qui nous montrent des jeux et nous chantent des chansons russes.
Nous passons d’ailleurs deux soirees bien agreables chez elle, a decouvrir son univers de folklore russe : sa joyeuse troupe de musiciens, sa vielle a roue, ses peintures chansons…

Pour le Kremlin et tous les autres sites touristiques, il faudra revenir. Si vous voulez le visiter, sachez qu’il est ferme le jeudi, vous pouvez croire notre experience !

Saint Petersbourg

Un train de nuit nous debarque dans la ville a 5h du matin. Sur le quai, impossible de reconstruire mon velo, le guidon ne veut plus tenir en place. Apres avoir secouer Rosette (ce qui semble etre le nom de mon velo), un petit bout en tombe, et on arrive enfin a refixer son guidon. Ouf !

La nuit a ete courte, et on decide de s’installer dans un parc au soleil. Seb fait la connaissance de Joseph avec qui nous allons passer toute la journee. Il nous emmene chez sa grand mere pour prendre le the, a l’atelier ou il aide a construire un bateau de l’epoque de Pierre le Grand, au point d’ancrage du bateau deja a l’eau, dans un parc pour rencontrer ses amis de Greenpeace… Joseph se deplace aussi a velo. Ce jour la, on pedale 71 km dans la ville avec lui !

Le soir, il nous emmene chez Lara, une amie chez qui il nous propose de dormir. Le courant passe bien, on reste une nuit de plus chez elle. Traductrice de formation, elle est devenue ethnologue passionnee. Son appart minimaliste reflete son caractere calme et reflechi. Un havre de paix.
On regarde ensemble les photos de l’Inde : elle attend le moment “propice” pour quitter son travail et se porter benevole dans les montagnes indiennes…

C’est a velo que l’on continue de decouvrir la ville. Une atmosphere romantique (les mariages, les limousines…), une architecture europeenne (les canaux d’Amsterdam, les colonnes grecques, les statues italiennes…), et l’Asie est deja bien loin !
Les journees, si longues a cette epoque (dans les appartements, les lumieres ne sont utiles qu a partir de minuit), nous permettent de bien en profiter, meme si on perd un peu nos reperes. Essayez d’aller vous coucher alors que le soleil est encore bien haut dans le ciel, vous verrez…

Retrouver l’Europe

On quitte la Russie par un train pour Tallin. Peu de probleme pour y faire entrer les velos, et encore moins pour passer la frontiere malgre nos visas non enregistres, comme l’oblige theoriquement la loi russe.
Depuis la fenetre du train, qu’on ne peut meme pas ouvrir pour prendre un e photo, le drapeau europeen flotte au vent. A bientot l’Asie…

Le transsiberien. Retour en Europe.

Enregistré dans : Actualité, russie — seb at 8:22 am on Vendredi, juin 29, 2007

Nous y tenions beaucoup. Rentrer vers l’Europe par la terre pour profiter d’une transition lente entre deux mondes. Les paysages qui séparent la Chine de chez nous défilent sous nos yeux. Nous sommes à bord d’un train légendaire pour découvrir une partie de la plus longue voie de chemin de fer du monde. 6000 km, c’est autant que ce que nous avons fait jusqu’à présent à vélo.
Nous montons dans le train un soir dans l’une des dernières villes de Mongolie avant la frontière russe. N’ayant pas réussi à laisser nos bicyclettes au service bagages, nous montons avec dans le train ce qui ne plait pas beaucoup au contrôleur qui ne veut pas les voir dans le couloir. Il semble vouloir que nous les mettions sur une de nos couchettes et que nous en partagions une autre à deux ! Heureusement, les compartiments sont équipés d’un grand casier où nous parvenons à ranger un vélo un peu démonté. Le deuxième reste dans l’allée de notre cabine.

Notre premier contact avec les russes se fait à la frontière. On nous fait ressortir le vélo de son logement pour qu’un commando inspecte les doubles plafond pendant qu’une douanière nous demande poliment “sortez !” pour contrôler nos passeports. Elle examine plusieurs fois nos photos en la comparant à nos visages d’un air sévère.

Le lendemain matin, il me surprend même si je l’attendais. Le lac Baïkal, “l’oeil bleu de la Siberie” qui comporte 1/5ieme des réserves d’eau douce de la planète. Nous le longeons pendant quelques 200 kilomètres. Sa clarté nous étonne. De l’autre côté des rails, des torrents nous arrivent depuis des montagnes boisées présentant encore quelques traces de neige. Le ciel est bleu, l’eau brille et l’herbe parsemée de fleurs jaunes, oranges et blanches donne le meilleur de son vert au bord du lac.

La vie à bord s’installe doucement. Les journées s’articulent autour de repas de nouilles chinoises que l’on prépare grace à l’eau chaude dont on peut se servir au samovar que l’on trouve dans chaque wagon. Pour ne pas se laisser endormir par le bercement continu du train et lorsque lire ou ecrire nous fatigue, on s’installe dans le couloir, la tête à la fenêtre ouverte. On profite alors de l’air frais et des odeurs de cette forêt de sapins et de bouleaux sans fin : la taïga sibérienne. On croise régulièrement de petits villages en bois qui ont l’air paisibles et nous donnent évidemment envie de nous arrêter.
Notre wagon est pratiquement vide. Il y a évidemment des deux inévitables wagons des commerçants chinois remplis de marchandises jusqu’au plafond. On échange assez peu avec eux mis à part de la monnaie mongole contre des roubles russes et un plat de nouilles qu’ils nous offrent. On partage par contre bien plus avec la famille russe, très accueillante une fois le contact établi avec le fils de 8 ans avec qui je joue d’abord aux cartes. On passe quelques moments dans leur cabine au fil du voyage, à boire du thé, jouer aux cartes ou à d’autres jeux, à regarder leurs photos, à discuter un peu en anglais…

Nous arrivons à Moscou après 3 jours et demi et 4 nuits de voyage dans ce train. Un rythme paisible s’est installé à bord et nous n’avons pas trouvé le temps long. Il a coulé doucement. Trois heures de train nous sembleront sûrement bien courtes à présent…

Jeux russes

Enregistré dans : Jeux, russie — seb at 8:14 am on Vendredi, juin 29, 2007

Dans le transsiberien

Dans le couloir de notre wagon, a bord du transsiberien, Sioma, jeune russe de 8 ans s’approche peu a peu de moi en jouant avec une petite voiture et une moto en plastique (des jouets que nous n’avons pas vu depuis un moment !) Je lui propose une partie de cartes et nous nous installons sur la moquette du couloir. Peu apres, je suis invite a prendre place dans le compartiment ou il voyage avec sa maman et sa soeur. Elles nous apprennent quelques jeux au fil des jours de train.

Dorak

Le nom de ce jeu de cartes signifie “idiot” en russe. Ce titre est attribue au perdant.

Pour jouer a 2 :
On distribue 6 cartes par personnes. La derniere carte de la pioche est rendue visible. Elle donne la couleur de l’atout (les cartes de cette couleur ont une valeur superieure a toutes les autres). Un joueur attaque en posant une carte. L’autre doit alors jouer une carte plus forte de la meme couleur ou bien couper. L’attaquant place ensuite une deuxieme attaque. Attention : il doit jouer une carte dont la valeur a deja ete jouee. Par exemple, si il a joue un 8 et que l’autre joueur a joue un 10 au premier tour, il ne peut attaquer qu’avec un 8 ou un 10. Si il ne peut pas jouer ou qu’il a deja place 6 attaques, les cartes jouees sont ecartees du jeu et l’autre joueur devient attaquant. Si le defenseur ne peut pas se defendre, il ramasse alors les cartes jouees et les place dans son jeu.
A la fin de chaque tour, les joueurs completent leurs jeux a l’aide de la pioche pour avoir 6 cartes. C’est l’attaquant qui se sert en premier.
Le gagnant est le premier a s’etre debarasse de toutes ses cartes.

On peut jouer a 4 par equipe de deux. Le partenaire n’aide son equipier que pour attaquer (si ce dernier n’a pas de cartes d’une des valeurs deja jouees) Des que l’une des joueurs a perdu, on se retrouve dans une configuration de jeu a 3, chacun pour soi.

Dans le jeu a trois, on attaque le joueur qui se trouve a sa gauche. Le troisieme joueur vient en aide a l’attaquant comme si il etait son equipier dans le jeu a 4. Les joueurs deviennent successivement attaquant sauf lorsqu’ils perdent auquel cas on saute leur tour.

Calichto

Pour jouer a Calitcho qui signifie “la baque”, un joueur cache un anneau entre ses deux mains jointes. Les autres joueurs tiennent leur mains de la meme facon et sont places le long d’une ligne. Celui qui a la bague passe devant chaque joueur et fait mine de la donner a chacun d’entre eux en glissant ses mains entre les leurs mais il ne la donne evidemment qu’a un seul. Puis, il retourne derriere sa ligne quelques metres ou dizaines de metres plus loin. Lorsqu’il crie “Calichto !”, lui et le nouveau porteur de la bague doivent se rejoindre alors que le but des autres est de les en empecher. D’ou l’interet de donner la bague le plus discretement possible ou d’essayer d’induire en erreur sur l’identite de celui qui la recoit.

Isportcheni tilephon

C’est le telephone russe ou le “mauvais telephone”. Nous y jouons en russe, assis en ligne sur une banquette de leur cabine. Il ne s’agit pas de phrases a transmettre fidelement le long de la ligne de bouche a oreille mais de simples mots repetes rapidement. Nous y jouons en russe et je ne suis pas un bon maillon de la chaine si ce n’est pour bien transformer les mots et permettre de bonnes rigoloades

A l’ecole francaise de Moscou

Rastiapa

Les maternelles suivent un programme d’initiation au folklore russe. Le jeu que nous avons prefere se joue au rythme de la musique entrainante que joue l’intervenant a l’accordeon. On forme d’abord une ronde d’enfants. Derriere chacun d’eux se place un autre joueur et un dernier se trouve au centre de la ronde. Lorsque la musique commence, les joueurs situes dans la “ronde interieure” se mettent a danser en se deplacant a l’interieur du cercle forme par ceux qui etaint derriere eux et qui sont restes a leur place. Lorsque la musique s’arrete, il faut vite aller se placer derriere un des joueurs formant toujours la ronde. On ne peut pas choisir une place qui est deja occupee. Celui qui n’a pas trouve de place est le rastiapa mais son cas n’a rien de grave : il danse de nouveau avec les joueurs qui viennent de se retrouver dans la “ronde interieure” lorsque l’accordeon reprend.