Regards d’ailleurs

Une route de rencontres

Istanbul (du 1 au 14 janvier)

Enregistré dans : Actualité, Turquie — webmaster at 7:16 am on Mercredi, janvier 24, 2007

Quinze jours dans la ville mythique qui relie l’Europe et l’Asie…

Kerem

Kerem

Il mérite bien le premier paragraphe de cet article ! C’est lui (et ses deux collocs, Ozgur et Erman) qui nous héberge pendant nos deux semaines de sédentarité. Et pas seulement ! C’est lui qui nous introduit à l’école de Galatasaray et dans celle de Meltem pour découvrir les jeux turcs. Il prend également sur son temps pour nous faire découvrir la ville, de nouvelles saveurs…
On passe de très bons moments ensemble, à jouer de la musique (un nouveau morceau dans la galerie), à apprendre la danse traditionnelle de la region de la mer Noire, à apprendre le turc (et lui le français)… Merci Kerem !!

La visite de la ville

La ville d'istanbulOn a beau être voyageurs, il faut bien de temps en temps s’avouer touristes ! Kerem nous guide dans la ville pour y faire nos premiers pas : un tour de bateau sur le Bosphore au départ d’Ortakoy, Itsiklal Caddesi, la tour de Galata… Mais on garde le meilleur pour le visiter avec mes parents qui nous rejoignent quelques jours : Sultan Ahmet et ses 6 minarets, Sainte Sophie, le bazar égyptien (et ses loukoums !), le grand bazar, la promenade sur le Bosphore pour aller titiller des yeux -du haut des ruines du chateau- la mer Noire, le quartier d’Eyup et sa mosquée, le café Pierre Loti, d’ou l’on domine toute la Corne d’Or… On en prend plein les yeux !
Kerem nous emmène au hamam de Cemberlitas, construit en 1584. On le conseille a tous !

La cuisine turque

Plein les yeux, et plein les papilles gustatives ! Le séjour des parents est placé sous le signe de “si on a envie on goûte” ! Pas de doute, on avait envie !
La cuisine turque (celle qu’on a testé en tous cas) est surtout une cuisine de la rue, rapide et peu chère. Pas d’horaire precis pour manger, juste celui de l’estomac ! On fait plusieurs essais de kebab (kebap ici), qui La cuisine turquesont souvent servis dans des assiettes (et pas en sandwich comme on les connait en France). On goute aussi les borek (sorte de mille feuille salé, au fromage ou à la viande), les simit (”bouée” en turc, à cause de la forme de ces bretzels au sésame), le pilaf (riz et pois chiche), les kumpirs (pomme de terre garnies)…
Au niveau boissons, impossible de venir ici sans goûter le thé turc, servi dans les petits verres. Ajouter du sucre, touiller, et boire vite tant que c’est chaud… On aime aussi le sahlep, sorte de lait sucré à la cannelle, surtout dans le petit café sympa à côté d’Itsiklal. Enfin pour aller avec le kebab, rien de mieux que l’ayran (yaourt dilué et salé) !
Pour finir le repas, il faut un bon dessert, et les patisseries ne manquent pas ici ! Les baklavas (gateaux au sucre et sirop de sucre…) sont presque tous aussi bons les uns que les autres. Mais il faut quand même tous les tester pour se faire une idée ! On teste aussi les loukoums qui remportent un franc succès.

Une page se tourne…

Pas de doute, on est bien à Istanbul ! Mais le reste de notre voyage nous attend, et il faut bien se décider à partir : faire faire les visas indiens, acheter les billets d’avion, rempaqueter les affaires dans les sacoches, se préparer à quitter l’Europe…

Asie, nous voila !…

Les jeux turcs

Enregistré dans : Jeux, Turquie — Jen at 5:57 pm on Vendredi, janvier 12, 2007

Rinkli istop (”istop couleurs”)

On joue à ce jeu en Turquie. Nous l’avons également vu dans la cour de récréation de l’école française de Thessalonique (Grèce).

Les enfants sont en cercle, sauf un qui se place au milieu, un ballon à la main. Lorsque ce dernier dit une couleur, tous les autres doivent aller toucher cette couleur (sur un vêtement, un objet…) avant de se faire toucher par le ballon. Un gage est donné au(x) perdant(s).

Dans une variante, un enfant lance le ballon en l’air en criant le nom d’un autre. Ce dernier doit alors attraper le ballon et crier “Istop”. Tout le monde s’arrête alors de courir. La suite du jeu se déroule comme la version précédente : le possesseur du ballon dit une couleur et tente de toucher les autres avec le ballon avant qu’ils ne trouvent la couleur.

Mendil kapmaca

C’est une variante du béret que l’on connaît.

Les enfants forment deux équipes, se placent en file indienne, l’une à côté de l’autre. Un enfant tient un foulard, en face des files indiennes. Lorsque ce dernier donne le top départ, le premier enfant de chaque file court pour attraper le foulard. Il doit retourner dans son camp sans se faire attraper par l’enfant de l’équipe adverse, sinon, il perd le point.

Tchirik Tchomak

Notre hôte de Tekirdag en Turquie jouait à ce jeu lorsqu’elle était petite.

Il faut deux bâtons. Le premier est court (20 cm environ) et taillé en pointes aux extrémités. C’est le Tchirik. Le deuxième est plus long (de la taille d’un bâton de marche) et est appelé Tchomak. On pose le Tchirik sur un caillou de façon à ce qu’un côté du Tchirik soit décollé du sol. Un premier coup de Tchomak permet de faire décoller le Tchirik du sol. Il faut alors être bien vif et précis pour donner un deuxième coup dans le Tchirik qu’il faut envoyer le plus loin possible. Après ce premier lancer, on a le droit de tenter sa chance une deuxième fois depuis l’endroit où le Tchirik est tombé, mais sans pierre cette fois. Les extrémités pointues permettent d’avoir une chance de réussir cet exercice difficile !

La ronde des mimes

Les enfants marchent en ronde, en chantant une chanson. Un enfant reste accroupi au centre.

Lorsque la chanson est finie, la ronde s’arrête de marcher et l’enfant du centre propose un mot (moche, footballeur, effrayé…). Les enfants faisant partie de la ronde doivent alors mimer le mot. L’enfant du centre choisit l’enfant mimant, selon lui, le mieux le mot. Ce dernier prend la place du centre, et le jeu recommence à nouveau.

Köşe kapmaca (”attrape le coin”)

En France, certains le connaissent sous le nom du “jeu des coins”.

Pour ce jeu, il faut qu’un carré (ou une autre forme géométrique à coins) soit tracé au sol. Chaque enfant est situé dans un coin. Un autre est à l’affût dans l’intérieur du carré. Ceux qui sont situés dans les coins doivent échanger leurs places sans se les faire piquer par l’enfant du centre (qui peut les prendre d’assaut lorsqu’elles sont vides).

Plus le carré est grand, plus le jeu est drôle (et fatiguant !)

Simit (”bouée”)

Ce jeu peut être violent et est interdit dans les cours de récréation turques…

Kerem dispose d’un camp. Lorsqu’il sort de son camp en criant “simiiiiiiiiiit”, il a le droit de frapper les autres joueurs. Ceux-ci ont donc tout naturellement tendance à le fuir. Mais attention, lorsque Kerem est à bout de souffle, il ne peut plus crier “simit” et ce sont les autres qui ont le droit de le maltraiter tant qu’il est en dehors de son camp.

Dama (”dames”)

On joue à ce jeu sur un plateau de 8 cases de côté que l’on trouve souvent sur les plateaux de Tavla (le Backgamon qui est pratiqué autant en Turquie qu’en Grece). Chaque joueur a 16 pions qu’il dispose sur les deux premières lignes du plateau, de son côté. Le but du jeu est de manger tous les pions de l’adversaire.
On peut se déplacer vers l’avant ou sur le côté, mais jamais en arrière ni en diagonale. Pour manger, il faut sauter par dessus un pion adverse mais les diagonales et la marche arrière sont toujours interdites. Lorsqu’un pion parvient jusqu’à la ligne de fond adverse, il devient une dama qui se déplace alors comme une tour aux echecs.

Şeftali kıraz (”pêche ou cerise”)

Deux enfants (une pêche et une cerise) forment un pont avec leurs bras. Tous les autres passent en dessous en chantant une chanson. Lorsque la chanson est finie, un enfant se fait capturer par le pont. Il doit choisir entre pêche et cerise. Selon ce qu’il choisit, il se place derrière l’enfant pêche ou l’enfant cerise qui forment le pont. Cette première étape est répétée autant de fois que l’on veut. Deux équipes se forment alors : les pêches et les cerises.

La deuxième étape consiste en un tir à la corde, opposant les deux équipes préalablement formées.

L’invitation à la danse

Pour ce jeu, il faut autant de filles que de garçons.

Les garçons s’assoient sur un banc. Les filles se placent en face. Chacune à leur tour, elles viennent demander au garçon de leur choix de former un couple. Le garçon peut accepter, ou refuser. Dans ce dernier cas, il lui suffit de lever le pied pour indiquer son refus (comme sur la photo).

Le dernier couple formé est le couple perdant. Tous les autres forment un pont en levant les bras. Les perdants passent en dessous, et doivent danser dès qu’ils en sortent.

Le jeu recommence. Les rôles sont alors inversés : les filles s’assoient sur le banc, et les garçons viennent les inviter.

Okey

C’est le rival du tavla.

Ce jeu se joue avec des pions numérotés de 1 a 13. Il y a 4 couleurs (jaune, rouge, vert et noir). Pour chaque couleur, il y a deux pions 1, deux pions 2… Il y a aussı deux jokers.

Chaque joueur pioche 14 pions, sauf un qui en prend 15 (pour les fans, il y a un petit rituel à suivre pour distribuer les pions). Le reste des pions est retourné et forme la pioche. Le premier pion de la pioche est mis à l’endroit. Il permet de définir la valeur des jokers et des okey. Si le pion est un 2 jaune par exemple, les jokers ont alors la valeur et la couleur d’un 3 jaune. Les 3 jaune deviennent des okey et peuvent remplacer n’importe quel pion. Si quelqu’un possède un 2 jaune (dans cet exemple) sur son chevalet avant de commencer, il gagne un point.

Le joueur qui possède 15 pions commence. Il jette un de ses pions. Le joueur suivant a le choix entre prendre le pion que son voisin vient de jeter, ou en prendre un dans la pioche. C’est ensuite à son tour de jeter un pion.

Le but du jeu est de constituer soit 7 paires de chiffres identiques (couleurs identiques aussi), soit au maximum 4 groupes de pions sur son chevalet. Un groupe est formé au minimum de 3 pions. Ca peut être une suite de chiffres de même couleur, ou un même chiffre de couleur différente.
Le premier qui ordonne son chevalet comme il faut gagne 2 points. Si le dernier pion jeté est le okey, le joueur gagne 4 points (au lieu des 2 habituels).

Et le reste

En Turquie, les enfants jouent aussi à ebe troi (un deux trois soleil), à Aşik (les osselets) , à sek sek (la marelle), à Saklambaç (cache cache), a yakar top (balle au prisonnier), a yağ satarım, bal satarım (le furet ou le facteur), à yakalamaç (touche touche, le loup ou trap trap…),ou encore à körebe (colin maillard) mais comme souvent, ils préfèrent jouer au football…

Ecole de Galatasaray, Istanbul

Enregistré dans : Actualité, On parle de nous, Turquie — Jen at 11:21 pm on Jeudi, janvier 11, 2007

Après notre passage dans l’école de Galatasaray ce matin, c’est avec curiosité et amusement qu’on lit le compte rendu de notre intervention publié sur leur site Internet (ici).
On vous met une traduction en dessous (du turc en anglais, merci Kerem, puis de l’anglais au français…).

Les voyageurs à vélo de France visitent notre école (11/01/2007)

Les deux étudiants français Sébastien Sisun et Jennifer Daude, envoyés par la mairie d’Istanbul (Département des Relations Extérieures et du Centre de Coordination Européenne), ont réalisé un atelier avec nos élèves de 5e grade [ndlr. équivalent au CM2]. Les voyageurs à vélo, étudiants ingénieurs en informatique à l’Université de Paris, ont parlé des pays traversés, de leurs rencontres, et ont répondu aux questions de nos élèves.

Vous pouvez visiter le site web des voyageurs à vélo en suivant le lien suivant : http://www.regards-dailleurs.com/

Grèce - Turquie : du 25 au 31 decembre

Enregistré dans : Actualité, Grèce, Turquie — Jen at 5:21 pm on Jeudi, janvier 11, 2007

Derniers temps en Grèce

Depuis Alexandropouli, il ne restait pourtant pas tant de kilomètres que ça (44km) avant la frontière turque. Ca a beau être une journée de vélo en théorie, en pratique on en a pris deux et demi, grâce à (oui oui, grâce à et pas à cause de) Nikos qui nous a recueillis alors qu’on déjeunait dans le froid. Nikos tient une pizzeria dans la dernière grosse ville grecque avant la frontière (Ferres, Ferai, ou Serres selon les sources). Après nous avoir offert un thé et du panetonne, il est allé trouver un de ses amis qui tient un hôtel, pour nous assurer le confort d’une chambre l’espace d’une nuit. Il nous aurait bien retenu encore quelques jours, non seulement pour le froid (à la télé, des flashs montrent les dégâts de la neige en Grèce et en Turquie), mais aussi parce qu’il est persuadé que les Turcs ne sauront pas nous accueillir décemment. C’est une vraie antipathie qu’il cultive contre le peuple voisin. Cela nous attriste un peu parce qu’il est pourtant ouvert et sympathique.

La frontière

Nous sortons de l’Union Européenne et traversons notre première vraie frontière, avec contrôle des passeports, passage à la douane… Les deux pays sont séparés par l’Evros, une rivière. La moitié du pont qui l’enjambe est peinte en bleu, l’autre en rouge. Au milieu deux gardes veillent à ce que les deux autres ne dépassent pas la ligne… Si les Grecs sont assez indifférents à nos aurevoirs, les turcs sont heureux de nous recevoir dans leur pays. Les deux gardes turcs nous font stopper pour nous prendre en photo devant leur drapeau ! Ils nous apprennent nos premiers mots turcs, que nous utilisons quelques instants plus tard au contrôle des passeports.
Un tampon sur le passeport, et à nous la Turquie…

Nouveau pays, nouvelle culture

La Grèce et la Turquie ont beau être des pays frontaliers, c’est une nouvelle culture qui nous accueille. Pays musulman, les mosquées se repèrent de loin grâce aux minarets. A présent, nos journées sont rythmées par les cinq appels quotidiens à la prière. Pays peuplé (70 millions d’habitants), les mini bus de 15 places transportent souvent le double de personnes… Pays hospitalier, on ne compte plus les “Welcome to Turkey”, coups de klaxons de bienvenue des camions et voitures… Les enfants sont enthousiastes et viennent souvent nous demander nos noms, nos âges et notre pays d’origine, interrompant quelques instants leur activité du moment pour satisfaire leur curiosité. Les adultes préfèrent nous offrir du thé, boisson nationale, servi dans des verres.

De la frontière à Tekirdag

Nous gagnons Tekirdag en camion stop, afin d’arriver à temps chez Emel qui nous attend. Les deux jours que nous passons chez elle sont consacrés à la découverte de la culture turque : musique (on découvre le ney, sorte de flûte en bambou), danses traditionnelles, lieux à voir (il faudra revenir !), actualité politique (l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne, Chypre, le génocide arménien…), présentation du leader national Ataturk… On passe une journée dans une école primaire/collège à découvrir de nouveaux jeux. L’occasion d’avoir un aperçu de la vie de classe en Turquie, et c’est pas triste, surtout qu’on est à deux jours des vacances !

Tekirdag - Istanbul

La route est vallonnée et longe la mer de Marmara. L’hospitalité des Turcs ralentit notre progression, mais c’est un réel plaisir ! Boire le thé avec l’équipe du magasin dans lequel on vient de faire ses courses, discuter avec un groupe d’enfants dans la rue, passer la soirée avec Tamer et Gerry… C’est agréable de se laisser bercer par le voyage, jusqu’au moment ou les impératifs nous rattrapent : Kerem nous attend le 31 à Istanbul, on pédale 108 km pour le rejoindre… Ca fait beaucoup de kilomètres, beaucoup de voitures aussi puisque le 31 décembre est férié deux fois cette année : une fois pour le réveillon du nouvel an, et une fois pour le Bayram, la fête (religieuse) du sacrifice. Toute la Turquie nous semble converger vers Istanbul… On arrive juste à temps (23h55) pour fêter la nouvelle année dans un café du centre ville.

de chez Kerem, Istanbul