Regards d’ailleurs

Une route de rencontres

Inde : Agra-Allahabad

Enregistré dans : Actualité, Inde — seb at 11:07 am on Jeudi, février 8, 2007

Nous commençons par mettre nos vélos sur le toit d’un bus qui nous emmène jusqu’à Agra, ville célèbre pour le Taj Mahal. Nous ne manquons pas de le visiter  et sommes à l’ouverture des portes à 6h pour le voir lentement apparaître avec le jour.

Nous nous lançons alors sur les routes de l’Inde qui nous donnent énormement à observer. D’abord ceux qui nous accompagnent : le flux continu de cyclistes qui transportent du lait, du bois, ou encore leurs femmes et leurs enfants, les dromadaires et les buffles tirant des charrettes, les taxis , les bus et les camions qui transportent des passagers jusque sur leurs toits !
Au bord de la route, c’est une multitude de petits marchands, réparateurs de vélos, potiers, couturiers et barbiers qui se succèdent.
Derrière eux, des maisons en briques, en terre ou en paille parmi les rizières. Parfois, le décor devient désertique et il ne reste plus que du sable et quelques arbres mais tout est toujours aussi plat. C’est la vallée du Gange.
Sur cette toile de fond surgissent parfois des détails plus rares comme une vache à la bosse et aux genoux colorés en violet, des porcs dans les rues des villages, des chimpanzés qui se balancent de branches en branches au dessus de nos têtes, la lessive du dimanche où l’on vient frapper son linge sur les rochers dans la rivière avant d’étendre tous ces tissus de couleur sur le sol, au soleil.
Autre détail, ici on roule à gauche et on emprunte ce qu’ils appellent des autoroutes qui réservent déjà assez de passages dans la boue et les graviers. On y trouve aussi des charrettes, des habitants transportant du foin sur leur tête et toujours autant de cyclistes. Les pauses se font obligatoirement à l’ombre parce que même si c’est l’hiver, il fait entre 25 et 30 degrés.

Notre contact avec la population est parfois difficile parce que nous avons du mal à comprendre tous leurs comportements. On s’habitue à certains aspects mais d’autres nous gênent encore. Ca dépend aussi de notre humeur.
Le premier point est que les indiens n’hésitent pas à former des attroupements de 20 à 70 personnes pour observer les bêtes étranges que nous sommes, que ce soit lorsque nous voulons acheter des bananes ou que nous voulions nous arrêter pour une pause tranquilles. Se sentir constament observés peut devenir pesant et même énervant pour nous qui avons l’habitude d’avoir notre espace de “vie privée” ce qui n’existe pas vraiment ici.
La deuxieme cause d’énervement principale (on aime bien l’Inde quand même, attendez la suite) c’est la nécessite de marchander si on ne veut pas payer 4 fois plus cher que la normale et de demander le prix d’un thé à l’avance pour ne pas risquer de le payer aussi cher qu’un repas complet.
Pour finir avec les détails énervants, citons dans le désordre qu’il est de rigueur pour un véhicule de klaxonner intempestivement dès qu’il effectue un depassement, que chacun nous fait répéter au moins deux fois notre destination et notre provenance (à la fin de la journée, ça fait beaucoup), que l’on nous interpelle pour nous prendre en photo et l’échange ne va pas plus loin (rare) et que l’on a parfois l’impression que certain nous invitent dans le seul but de nous montrer à leurs amis…

C’est tout pour le négatif. Tout le reste, c’est du bonheur parce que tous ces indiens nous apportent (presque toujours) un sourire, un signe de la main. Ils sont ravis de nous recevoir et nous le montrent bien, parfois de façon surprenante : certains nous demandent de nous lier d’amitié avec eux. Ils nous serrent alors la main avant de poser la leur sur leur coeur. En signe de bienvenue, on nous a aussi remis plusieurs fois des colliers de fleurs. Nous sommes aussi très régulièrement invités à nous arrêter un instant au bord de la route pour boire un thé et manger quelques biscuits.

Nous prenons toujours nos repas dans des dhabas qui sont de petits restos sur le bord de la route. Le menu est toujours le même : du dal (lentilles brouillées avec des herbes et des épices) que l’on attrape à la main avec des chapatis (sorte de crêpes) qui sortent tout juste du feu.

Le soir apporte aussi sa dose de nouveauté. Nous dormons sur le toit d’un lycée, dans un temple hindou, dans une chambre d’hôtel où la police nous envoie comme ses invités, chez un habitant parlant anglais, dans un lit en corde d’un de ces dhabas ou encore dans une chambre à l’intérieur d’un commissariat de police. Le coup de coeur revient à notre première nuit dans une dharamsella qui signifie refuge en hindi. Elles offrent un toit à un prix symbolique à tous ceux qui le demandent et sont donc de formidables portes ouvertes aux voyageurs. On y decouvre une ambiance chaleureuse. On nous y sert des pommes de terres (épicees !) dans des assiettes en feuilles, les inévitables chapatis et du thé servi dans des pots en terre. Nous sommes invités à rejoindre un groupe de femmes qui chantent en jouant du dolac (sorte de tambour). C’est le lieu d’hospitalité, de rencontre et de partage dont on a rêvé…

La presse indienne

Enregistré dans : On parle de nous, Inde — Jen at 11:04 am on Jeudi, février 8, 2007

article de presseVoila le 4e article parlant de nous dans les journaux indiens ! Si on avait été étonnés de l’article du Dauphine Libéré, c’est qu’on ne connaissait pas l’Inde ! Imaginez pour notre première “interview” que le journaliste ne nous a posé aucune question ! L’article a été rédigé à partir des informations qu’on avait donné pour remplir un registre dans le daremshalla où on dormait, à Etawah. On a bien essayé de savoir ce qu’ils avaient rédigé, mais leur réponses étaient plutôt évasives… “rien qui ne soit faux”…
On a quand même réussi à faire traduire les articles. Ils ne sont pas extraordinairement riches en contenu (on est français, on voyage à vélo,…), mais ça aide sûrement la rédaction à combler les colonnes du journal local… Et puis ça nous fait sourire !