Regards d’ailleurs

Une route de rencontres

Le Népal, c’est de la balle !

Enregistré dans : Actualité, Népal — seb at 6:13 am on Mercredi, mars 14, 2007

Après la platitude de l’Inde, on ne pouvait qu’être séduits par l’apparition des montagnes en entrant au Népal. Enfin des montées, des descentes, des virages en côte jusqu’auxquels on avance en espérant découvrir un horizon nouveau. Le paysage et l’atmosphère nous portent.

La plus grande partie de la montée vers Kathmandu se fait en douceur par une vallée plus ou moins encaissée au fond de laquelle coule une rivière. Une grève nous fait un cadeau d’une valeur inestimable en bloquant la route à tous les véhicules pendant plus de deux jours. Nous sommes alors certains de nous trouver sur la plus grande et la plus belle des pistes cyclables. On n’a pas à surveiller les camions nous doublant de trop près et on se promène tranquillement dans ces lieux qui semblent reculés. Le décor est à la fois tropical et montagnard : des bananiers, des yucas, des cultures en terrasses, des népalais qui transportent de gros paniers à l’aide d’une lanière qui passe sur leur front, des shortens, des drapeaux de prière…
Nous faisons les deux derniers jours de route qui nous conduisent jusqu’à Kathmandu en compagnie d’un voyageur à vélo venu d’Allemagne. Nous partageons le dernier campement et la dernière veillée avec lui.
Une quinzaine de kilomètres après Kathmandu, nous arrivons à Bhaktapur, cité traditionnelle dont on vous dira davantage après quelques temps de vie ici. Nous faisons connaissance avec l’association TOIT dont on vous donnera aussi des nouvelles bientôt.

Inde, au nord du Gange…

Enregistré dans : Actualité, Inde — Jen at 1:22 pm on Mardi, mars 13, 2007

Allahabad

La ville où se réunissent le Gange, la Yamuna et une troisième rivière (imaginaire et souterraine) sacrée, au niveau du Sangham. Chaque année, le Kumb Mela est organisé. C’est un festival religieux qui rassemble plus d’un million de personnes. Au programme, prières et bains sacrés. On est arrivés quelques jours après la fin du festival, mais il restait les plus déterminés ! Les berges sont immenses. On y a passé un petit moment, le temps de saisir quelques détails, les linges qui sèchent au vent, les rituels d’ablution dans les rivières sacrées, les vendeurs de bidons vides (pour pouvoir ramener de l’eau sacrée chez soi), de fleurs, de noix de coco (des offrandes classiques), de poudre à tilak (le troisième oeil que portent les femmes mariées)… Inutile de dire que ce n’est absolument pas suffisant pour comprendre quoi que ce soit à l’hindouisme !…

Au coucher du soleil, ou au lever de la brume du matin, l’atmosphère qui y règne est toujours aussi saisissante, même s’il est difficile de la caractériser. Les rituels religieux se mèlent à la vie du camping géant où chaque carrefour abrite un vendeur de quelque chose.

On continue notre route vers Varanasi qui ne se trouve plus qu’à 100km.

La vie du village

Depuis notre arrivée en Inde, on se demandait si on aurait l’occasion d’aller dans un village, sans jouer aux touristes curieux. Nous rencontrons Prem dans un dhaba dans lequel on trouve refuge en attendant que la pluie cesse, entre Allahabad et Varanasi. Prem est saddha. Dans 2 ou 3 ans, il se dévouera entièrement à Krishna, et deviendra saddhu. En attendant, il est professeur d’hindi bénévole à 18 km de là. Comme nous, la pluie l’a fait stopper au dhaba. Ses quelques mots d’anglais nous permettent de pénétrer son univers si particulier. Il nous parle de Krishna, du yoga de l’amour qu’il pratique tous les jours… Il n’en reste pas moins un homme “normal” avec qui on passe la fin de la soirée à jouer aux cartes.
Il nous invite à passer la journée suivante chez lui, dans son village. On accepte avec plaisir bien sûr. Encore une fois, on est accueillis comme des rois. On enlève les bouses de vache de l’abri (fait de bambous, de paille et d’une bâche imperméable) pour nous installer deux fauteuils en plastique à côté du charpay où Prem est assis en tailleur. Les jeunes (et les moins jeunes) viennent nous observer. C’est dimanche, tout le monde est là…
On nous offre de la canne à sucre et des petits pois fraîchement déracinés des champs voisins, un caramel (liquide et noir) de sucre de canne, du thé… on ne manque de rien !
La pluie redoublant de force, on passe dans la maison de Prem pour mettre les vaches à l’abri. Une éclaircie nous permet de visiter le village, accompagnés par une trentaine de jeunes ! Tout le monde se connaît ici, il règne une belle atmosphère de complicité. On joue un peu de musique, et jouons avec les ados qui sont encore sous l’abri. On nous sert un kisleri (un risotto végétarien) que l’on déguste avec la main droite, comme c’en est l’habitude ici.
Ce soir, on dort avec Prem, les deux araignées plates et le lézard de la poutre du plafond, les rats qui chahutent dans le tas de bois, et les moustiques qui nous tournent autour des oreilles…

Varanasi (du 12 au 17 fevrier)

Quel plaisir de se poser, surtout à Varanasi ! Construite sur les rives du Gange, la ville est éminemment sacrée pour les hindous, et c’est toute l’ambiance de la ville qui s’en ressent : des temples à foison, et surtout les ghats, ces berges aménagées où ont été construits des escaliers pour faciliter l’accès à la Mère Gange. On vient y flâner une bonne partie de notre séjour, il s’y passe toujours quelque chose !

Dès le lever du soleil, les plus déterminés (et ils sont nombreux) viennent y faire leurs ablutions (s’immerger trois fois intégralement, et boire de l’eau dans sa main), leur lessive (admirez la technique des femmes pour laver si rapidement le sari de 5,5m de long !), des offrandes (des fleurs, du riz, des noix de coco, des images de Dieux dans des sous-verre…). Dans la journée, tout le monde investit les ghats : les vendeurs sous leur parasol naturel, les saddhus sous des tentes de fortune, les bateliers proposant une virée en barque sur le Gange, les touristes, appareils photos autour du cou…On assiste un soir à la cérémonie des lumières, une prière en musique pendant laquelle cinq prêtres effectuent leurs rituels, tournés vers le Gange.
La ville s’agite encore davantage pour célébrer l’anniversaire de Shiva (Shivaratri). L’ambiance est à la fête : rassemblements religieux sur les ghats, parade impressionnante de débrouillardise dans la rue principale…

Une ville, c’est aussi pour nous l’occasion de rencontrer d’autres voyageurs, de varier notre nourriture du traditionnel tali (on aime les lassis, des yaourts dilués, parfois aromatisés à la mangue, la banane ou la papaye, et les chopsueys, des nouilles grillées servies avec une sauce sucrée salée), de faire un nouveau stock de lecture dans les librairies anglaises, et de s’étaler dans notre chambre d’auberge de jeunesse !

En route vers le Népal (18 au 24 février)

Cap au nord ! Le paysage change enfin, et c’est avec plaisir que l’on voit apparaître bosquets de bambous, bananiers et palmiers, ajoutant une touche de vert à ce jaune sec infini.

Est-ce parce qu’on a conscience que la fin de l’Inde est proche qu’on en profite mieux ? Peut-être aussi parce qu’elle nous est devenue plus familière (on est par exemple habitués à se faire observer, et en profitons pour lancer des jeux plutôt que de rêver à la pause tranquille qu’on imaginait…). On a l’impression de maîtriser un peu plus le pays (finies les arnaques, 3 roupies le tchai, pas plus !).

Notre dernière semaine en Inde est un bon résumé des différents campements possibles : les charpays des dhabas, une station essence, un temple bouddhiste, un lycée et même un champ désert (!) pour planter la tente. Salim nous accueille un soir dans sa maison de terre, après avoir passé de bons moments à jouer avec ses enfants l’après-midi.

On quitte l’Inde au matin du 25 février, des sourires pleins les yeux…