Regards d’ailleurs

Une route de rencontres

La Chine, si vaste

Enregistré dans : Actualité, Chine — seb at 7:50 am on Vendredi, mai 25, 2007

La reprise

Sitôt de nouveau assis sur nos vélos, nous redécouvrons les avantages de découvrir un pays de cette façon. Ils nous rendent sympathiques et nous permettent d’amorcer un échange avec les habitants. C’est parfois simplement un signe du pouce d’un passant ou de gendarmes serrés à 5 dans une petite voiture, des sourires et des rires. Nous rions souvent avec les chinois, sans doute parce que nous utilisons un moyen de communication inhabituel : exclusivement le mime parce que nous ne parlons pas un mot de leur langue. Il est déjà bien difficile de faire comprendre la phrase disant que nous ne parlons pas le chinois…

Les premiers jours de vélo sont parmi les meilleurs. Nous roulons sur des chemins et sur de petites routes entre rivières et rizières où pataugent des paysans avec leur boeuf et leur charrue. Ils sont entourés de pitons rocheux boisés, décors typiquement chinois. Nous passons notre première nuit dans ce joli coin de nature sous notre moustiquaire et les étoiles. Le lendemain, nous mettons nos vélos sur une péniche pour traverser la rivière et continuer notre route de l’autre côté. Petit goût d’aventure même si nous croisons des bateaux de touristes descendant les gorges.

Des rencontres

L’accueil des chinois est d’une spontanéité étonnante. Ils comprennent très vite que nous voulons planter notre tente près de leur maison pour passer la nuit et acceptent sans hésitation. Ils nous proposent parfois de plutôt dormir à l’intérieur ou de simplement partager le repas avec eux. Toujours aussi souriants. On se sent chez eux comme chez nous. Ils ont une certaine façon de nous mettre à l’aise… ou alors est ce que nous nous habituons à accepter et mieux vivre un accueil ?

Episode amusant : Alors que nous sommes assis à l’ombre sur un escalier, un couple nous apporte deux bouteilles d’eau et un sac de nourriture contenant des brioches, des biscuits et …des pieds de poulet ! Est ce parce qu’il faut nécessairement être pauvre pour se déplacer avec un véhicule sans moteur ou parce que nous sommes tellement sales que nous avons l’air de mendiants ?

Dans la ville la plus sacrée de Chine pour les taoistes, nous nous arrêtons d’abord dans un petit temple. Un moine nous apporte d’abord à boire, puis nous offre un évantail et un bracelet à chacun avant de nous conduire jusqu’à d’autres temples… Pourquoi tant d’attentions ?

Les bus

La Chine est tellement grande que nous sommes obligés de prendre des bus pour rejoindre Pékin en un temps raisonnable. Ils sont heureusement plus faciles à trouver que ce à quoi nous nous attendions. Une fois la station de bus trouvée dans une ville, un bus est presque toujours sur le point de partir et semble nous attendre. Mettre les vélos dans le bus est plus ou moins facile. On a dû à peu près tout essayer : sur le toit, dans la soute, entiers ou sans les roues avant, dans le coffre, dans le fond du bus, derrière le siège du chauffeur, dans l’allée…
La plupart du temps, les chauffeurs sont sympas et nous aident mais certains nous font parfois de petites frayeurs lorsque nous sommes sur le point de prendre un bus de nuit et qu’il commence par refuser d’embarquer nos vélos. Il suffit en général d’insister gentiment.
En arrivant sur Pékin vers 23h, le chauffeur refuse d’ouvrir la soute. Il veut que nous lui donnions de l’argent pour que nous puissions les récupérer ! Sûrs de nous (mais un peu tendus quand même) nous croisons les bras pour lui montrer que nous ne paierons pas et que nous ne sommes pas pressés. Certainement fatigué par une longue route, il nous ouvre la soute après quelques minutes.

Les repas

Manger sur la route en Chine est très plaisant. Dans les villes, on trouve de nombreuses petites échoppes où la cuisine est faite sous nos yeux, parfois sur la rue. Ca nous facilite bien la tâche pour expliquer ce que nous voulons manger, il suffit de montrer. Il est surtout bien agréable de pouvoir voir un plat avant de choisir et de passer à table. Certains vendent aussi de quoi manger dans la rue. Leur matériel est installé sur des charrettes et proposent des légumes, du riz ou des nouilles qu’ils font devant nous en coupant des morceaux dans une boule de pâte. Le tout est toujours bon marché alors on ne se prive pas !

Joyeux anniversaire

Pour mes 24 ans, mon matelas est crevé, il faut trouver les fuites (oui il y en a plusieurs) et coller des rustines. Après cela, on entre dans une zone d’extraction du charbon. Les mines sont partout, à ciel ouvert et les camions remplis de poudre noire partagent la route avec nous. L’air irrite un peu le nez et la gorge, impossible de prendre un bus, les villes que l’on traverse sont trop petites. Personne ne traîne dans les rues, les rivières ont une couleur verte un peu fluo. Comment peut-on vivre ici ? Nous sommes complètement noirs le soir mais nous trouvons une chambre avec salle de bain pour nous décrasser. On prend notre repas dehors. Mon gâteau d’anniversaire est une banane et Jen a même pensé aux bougies.

Retour à la modernité : Hong-Kong

Enregistré dans : Actualité, Chine — seb at 6:39 am on Samedi, mai 5, 2007

On ne pouvait sans doute pas faire de transition plus marquée. On quitte le Népal qui a toujours un pied dans le moyen âge pour arriver à Hong Kong, à la pointe des nouvelles technologies. Ce qui ne nous surprend plus au bout d’une semaine ici commence par attirer notre attention : des écrans plats, des tapis roulants et escalators (même pour monter 10 marches), de nombreux éclairages, le métro, les ascenseurs, les voitures de luxe, la climatisation partout, des machines pour faire briller le sol… On s’y sent un peu perdus.
Le sommet du futurisme arrive le soir avec le spectacle de lumières qu’offrent les tours du centre des affaires. Des lasers verts et des lumières blanches courent dans le ciel depuis le sommet des buildings de 400m de hauteur, qui jouent eux aussi de lumières. Le tout en musique. On n’est décidément plus au Népal.
En attendant nos divers visas (chinois, mongols et russes), on a le temps de retrouver Olivier (mon ancien colloc), de le suivre dans quelques coins de Hong Kong et de Shenzhen où il habite (c’est la première ville chinoise derrière la frontière hong kongaise). On profite d’un sauna suivi d’un massage de 2h pour un prix presque dérisoire, on s’habitue à manger avec les baguettes, on joue aux cartes, on prépare notre itinéraire vers Pékin, on goûte au serpent et à de nouveaux fruits (le fruit du dragon) et on profite à nouveau des massages : cette fois, ce sont les pieds.
On est maintenant prêts pour découvrir les routes de la Chine. Samedi 5 mai, 19h30 (ce soir !), un bus nous emmène vers Guilin avec nos vélos.

Deuxième mois au Népal, à 4

Enregistré dans : Actualité, Népal — Jen at 6:22 am on Samedi, mai 5, 2007

31 mars, 5h. Le réveil sonne. Nous partons pour l’aéroport, chercher mes parents qui arrivent pour trois semaines.

Relation parents-enfants

Leur séjour est prévu depuis longtemps déjà. J’ai eu le temps d’y réfléchir, de me mettre à leur place pour imaginer leurs attentes,l’état d’esprit dans lequel ils arrivent… Pour le programme, ils nous font confiance. Papa et Maman nous ont toujours impliquées, ma soeur et moi, dans l’organisation des vacances. Cette fois-ci, je ne suis pas impliquée mais responsable (Seb est là aussi quand même !). Je réalise concrètement que j’apporte des choses à mes parents. La relation qui m’unit à eux n’est plus unilatérale (même si eux diront qu’elle ne l’a jamais été, normal, ce sont mes parents…).

Le programme des trois semaines

Que faire alors pendant ces trois semaines ? Il faut trouver le juste milieu entre le marathon touristique et l’immobilisme total dû au simple bonheur d’être ensemble. Est-ce égoïste de proposer un simple lemon tea sur le toit de la guest house alors qu’il reste des tas de choses à voir et faire ?…
On remplit quand même plutôt bien ces trois semaines : 8j de trek aux lacs de Gosaikund, visite de Kathmandu (Durbar square ; le vieux centre, freak street : la rue hippie d’il y a 30 ans, devenue complètement banale, et pourtant, les Beatles étaient là !, Thamel : le quartier touristique…) et de sa vallée (les stupas de Bodnath et Swayambu, Patan et ses temples, Nagarkot, d’où la vue sur l’Himalaya est superbe lorsque les nuages daignent s’en éloigner). Et bien sûr, Bhaktapur, qui s’anime tous les soirs à l’occasion du nouvel an népalais (un festival de 10 jours, plutôt impressionnant).

Echange de regards

Voir un pays, c’est bien, mais le regarder et le vivre, c’est mieux. Je suis contente de pouvoir faire découvrir “de l’intérieur” le Népal aux parents : réveillonner le jour de l’an chez la famille d’Indra, préparer le trek avec Syam, l’ancien guide de montagne reconverti en vendeur de châles avec qui l’on a sympathisé… Profiter de notre mois passé à Bhaktapur pour ne pas être un mouton dans le troupeau de touristes (ou un peu moins…).
Papa et Maman ont aussi l’occasion (non prévue et non voulue) de s’immerger l’espace d’une grosse après-midi dans la vie du voyageur : acheter un billet d’avion Kathmandu - Hong Kong ne paraissait pourtant pas compliqué, c’était sans prendre en compte que l’on était au Népal !
De notre côté, on profite du regard nouveau que nous apportent Papa et Maman pour s’émerveiller à nouveau de notre quotidien que l’on avait trop banalisé : le temple de Nyatapola à cinq toits que l’on voit dès que l’on sort de la chambre, le marché bi-journalier de la place Taumadhi… On reprend conscience de notre chance de réaliser notre rêve…

Bouffée de France

Voilà 6 mois que nous sommes hors des frontières françaises. Papa et Maman amènent avec eux un bout du pays : des histoires de leur quotidien, presque devenues extraordinaires à nos yeux (un repas de famille, les bébés nageurs…), des débats d’actualité et surtout un paquet miraculeux : reblochon, chèvre, cantal, chocolat et tisane menthe - réglisse… un régal !

Derniers jours au Népal

Papa et Maman sont partis. Les coupures d’électricité de l’aéroport ne les ont même pas retardés !
Il nous reste cinq jours au Népal. C’est bientôt un chapitre qui se termine, celui des trois mois passés dans le sous-continent indien. Et comme à chaque nouvelle page, la crainte remonte en moi. Se relancer dans l’inconnu alors que l’on est enfin familiarisé à l’inconnu d’hier. Les a priori négatifs prennent toujours le dessus des positifs : les chinois qui ne parlent que chinois, ce gouvernement qui interdit à son peuple d’accueillir des étrangers chez lui… alors qu’on pourrait retenir une phrase de Val (”qui ne joue pas n’est pas chinois”), la cuisine variée et savoureuse ou la grande muraille. L’esprit joue parfois des tours.
Comme une dernière preuve de la simplicité du Népal, Thai Airlines ne fait aucun souci avec nos kilos supplémentaires : ils pèsent 33 kg de sacoches, et embarquent les vélos sans se soucier de leurs 32kg. On est en dessous des 40 kg autorisés… C’est légers que nous partons vers Hong Kong.
Bon vent…