Les jeux turcs
Rinkli istop (”istop couleurs”)
On joue à ce jeu en Turquie. Nous l’avons également vu dans la cour de récréation de l’école française de Thessalonique (Grèce).
Les enfants sont en cercle, sauf un qui se place au milieu, un ballon à la main. Lorsque ce dernier dit une couleur, tous les autres doivent aller toucher cette couleur (sur un vêtement, un objet…) avant de se faire toucher par le ballon. Un gage est donné au(x) perdant(s).
Dans une variante, un enfant lance le ballon en l’air en criant le nom d’un autre. Ce dernier doit alors attraper le ballon et crier “Istop”. Tout le monde s’arrête alors de courir. La suite du jeu se déroule comme la version précédente : le possesseur du ballon dit une couleur et tente de toucher les autres avec le ballon avant qu’ils ne trouvent la couleur.
Mendil kapmaca
C’est une variante du béret que l’on connaît.
Les enfants forment deux équipes, se placent en file indienne, l’une à côté de l’autre. Un enfant tient un foulard, en face des files indiennes. Lorsque ce dernier donne le top départ, le premier enfant de chaque file court pour attraper le foulard. Il doit retourner dans son camp sans se faire attraper par l’enfant de l’équipe adverse, sinon, il perd le point.
Tchirik Tchomak
Notre hôte de Tekirdag en Turquie jouait à ce jeu lorsqu’elle était petite.
Il faut deux bâtons. Le premier est court (20 cm environ) et taillé en pointes aux extrémités. C’est le Tchirik. Le deuxième est plus long (de la taille d’un bâton de marche) et est appelé Tchomak. On pose le Tchirik sur un caillou de façon à ce qu’un côté du Tchirik soit décollé du sol. Un premier coup de Tchomak permet de faire décoller le Tchirik du sol. Il faut alors être bien vif et précis pour donner un deuxième coup dans le Tchirik qu’il faut envoyer le plus loin possible. Après ce premier lancer, on a le droit de tenter sa chance une deuxième fois depuis l’endroit où le Tchirik est tombé, mais sans pierre cette fois. Les extrémités pointues permettent d’avoir une chance de réussir cet exercice difficile !
La ronde des mimes
Les enfants marchent en ronde, en chantant une chanson. Un enfant reste accroupi au centre.
Lorsque la chanson est finie, la ronde s’arrête de marcher et l’enfant du centre propose un mot (moche, footballeur, effrayé…). Les enfants faisant partie de la ronde doivent alors mimer le mot. L’enfant du centre choisit l’enfant mimant, selon lui, le mieux le mot. Ce dernier prend la place du centre, et le jeu recommence à nouveau.
Köşe kapmaca (”attrape le coin”)
En France, certains le connaissent sous le nom du “jeu des coins”.
Pour ce jeu, il faut qu’un carré (ou une autre forme géométrique à coins) soit tracé au sol. Chaque enfant est situé dans un coin. Un autre est à l’affût dans l’intérieur du carré. Ceux qui sont situés dans les coins doivent échanger leurs places sans se les faire piquer par l’enfant du centre (qui peut les prendre d’assaut lorsqu’elles sont vides).
Plus le carré est grand, plus le jeu est drôle (et fatiguant !)
Simit (”bouée”)
Ce jeu peut être violent et est interdit dans les cours de récréation turques…
Kerem dispose d’un camp. Lorsqu’il sort de son camp en criant “simiiiiiiiiiit”, il a le droit de frapper les autres joueurs. Ceux-ci ont donc tout naturellement tendance à le fuir. Mais attention, lorsque Kerem est à bout de souffle, il ne peut plus crier “simit” et ce sont les autres qui ont le droit de le maltraiter tant qu’il est en dehors de son camp.
Dama (”dames”)
On joue à ce jeu sur un plateau de 8 cases de côté que l’on trouve souvent sur les plateaux de Tavla (le Backgamon qui est pratiqué autant en Turquie qu’en Grece). Chaque joueur a 16 pions qu’il dispose sur les deux premières lignes du plateau, de son côté. Le but du jeu est de manger tous les pions de l’adversaire.
On peut se déplacer vers l’avant ou sur le côté, mais jamais en arrière ni en diagonale. Pour manger, il faut sauter par dessus un pion adverse mais les diagonales et la marche arrière sont toujours interdites. Lorsqu’un pion parvient jusqu’à la ligne de fond adverse, il devient une dama qui se déplace alors comme une tour aux echecs.
Şeftali kıraz (”pêche ou cerise”)
Deux enfants (une pêche et une cerise) forment un pont avec leurs bras. Tous les autres passent en dessous en chantant une chanson. Lorsque la chanson est finie, un enfant se fait capturer par le pont. Il doit choisir entre pêche et cerise. Selon ce qu’il choisit, il se place derrière l’enfant pêche ou l’enfant cerise qui forment le pont. Cette première étape est répétée autant de fois que l’on veut. Deux équipes se forment alors : les pêches et les cerises.
La deuxième étape consiste en un tir à la corde, opposant les deux équipes préalablement formées.
L’invitation à la danse
Pour ce jeu, il faut autant de filles que de garçons.
Les garçons s’assoient sur un banc. Les filles se placent en face. Chacune à leur tour, elles viennent demander au garçon de leur choix de former un couple. Le garçon peut accepter, ou refuser. Dans ce dernier cas, il lui suffit de lever le pied pour indiquer son refus (comme sur la photo).
Le dernier couple formé est le couple perdant. Tous les autres forment un pont en levant les bras. Les perdants passent en dessous, et doivent danser dès qu’ils en sortent.
Le jeu recommence. Les rôles sont alors inversés : les filles s’assoient sur le banc, et les garçons viennent les inviter.
Okey
C’est le rival du tavla.
Ce jeu se joue avec des pions numérotés de 1 a 13. Il y a 4 couleurs (jaune, rouge, vert et noir). Pour chaque couleur, il y a deux pions 1, deux pions 2… Il y a aussı deux jokers.
Chaque joueur pioche 14 pions, sauf un qui en prend 15 (pour les fans, il y a un petit rituel à suivre pour distribuer les pions). Le reste des pions est retourné et forme la pioche. Le premier pion de la pioche est mis à l’endroit. Il permet de définir la valeur des jokers et des okey. Si le pion est un 2 jaune par exemple, les jokers ont alors la valeur et la couleur d’un 3 jaune. Les 3 jaune deviennent des okey et peuvent remplacer n’importe quel pion. Si quelqu’un possède un 2 jaune (dans cet exemple) sur son chevalet avant de commencer, il gagne un point.
Le joueur qui possède 15 pions commence. Il jette un de ses pions. Le joueur suivant a le choix entre prendre le pion que son voisin vient de jeter, ou en prendre un dans la pioche. C’est ensuite à son tour de jeter un pion.
Le but du jeu est de constituer soit 7 paires de chiffres identiques (couleurs identiques aussi), soit au maximum 4 groupes de pions sur son chevalet. Un groupe est formé au minimum de 3 pions. Ca peut être une suite de chiffres de même couleur, ou un même chiffre de couleur différente.
Le premier qui ordonne son chevalet comme il faut gagne 2 points. Si le dernier pion jeté est le okey, le joueur gagne 4 points (au lieu des 2 habituels).
Et le reste
En Turquie, les enfants jouent aussi à ebe troi (un deux trois soleil), à Aşik (les osselets) , à sek sek (la marelle), à Saklambaç (cache cache), a yakar top (balle au prisonnier), a yağ satarım, bal satarım (le furet ou le facteur), à yakalamaç (touche touche, le loup ou trap trap…),ou encore à körebe (colin maillard) mais comme souvent, ils préfèrent jouer au football…