Regards d’ailleurs

Une route de rencontres

Nouveautés sur le site

Enregistré dans : Actualité — Jen at 5:52 am on Mercredi, juin 13, 2007

Une page de liens vient d’être créée dans l’onglet “le projet”. On la complètera lorsque l’on retrouvera nos anciens carnets, déjà rentrés à la maison !

Un nouveau partenaire sponsorise le voyage. AGA nous offre 1000 euros. On les remercie encore !

 

Le coup de coeur mongol

Enregistré dans : Actualité, Mongolie — Jen at 5:07 am on Mercredi, juin 13, 2007

L’arrivée

30h de Transmongolien pour relier Pékin à Ulaan Baatar, la capitale mongole. “Un train pas comme les autres” dit-on, et c’est vrai ! Ici, on n’imagine pas rester allonges sur sa couchette le temps du trajet. Il y tant de monde à découvrir ! Le marchand chinois, les étudiants mongols qui reviennent au pays pour les vacances, les voyageurs qui sont souvent partis eux aussi pour un an… Et le paysage à regarder défiler : Pékin et sa banlieue sur-industrialisée, nos derniers villages chinois, cachés dans des vallées escarpées, le retour à la nature en Mongolie Intérieure, la ville frontière (ou le train change les boggies à cause de la différence d’écartement des rails de l’ancien empire soviétique), et enfin la Mongolie qui paraît bien déserte. Ulaan Baatar, champignon des steppes, surgit au détour d’un virage.

Ulaan Baatar

C’est depuis une guest house - appartement où l’on se sent bien chez soi que l’on part explorer la ville, au gré de nos envies et besoins. Le grand magasin d’Etat pour faire nos courses (un des restes bien caractéristiques du passe soviétique), la librairie française pour faire le plein de lecture (mais non en fait, juste pour flâner), les rues en terre une fois quittés les axes principaux. Et bien sûr, la place Sukhbaatar, centre vivant de la ville, spécialement le 1er juin, fête des enfants et des mamans. Ce jour là, on a du mal à croire que l’on est dans l’un des deux pays les moins densément peuplé au monde (avec la Namibie, 2 hab/km2). Toute la Mongolie semble être dans la rue, des grands parents -un peu perdus dans cette agitation- en costumes traditionnels aux enfants en costume-cravate et robes de princesses sortis pour l’occasion. Depuis la colline voisine, Chengis Khan, le père des Mongols, veille sur son peuple.
Le temps de s’apercevoir que l’on ne peut pas encore acheter nos billets de train pour Moscou (en vente la veille du départ seulement), et l’on renfourche nos montures.

Les épreuves

Pas un jour ici sans nouvelle épreuve : un vent de face soufflant sans arrêt jour et nuit, des rafales de vent de côté dont on peine encore à réaliser la force, des journées froides (8 degrés, et un vent glacial de Sibérie), des lendemains trop chauds (40 degrés, plus un gramme de vent), des pistes ensablées, des zones inhabitées et sans rivière alors que les poches à eau sont vides…
La Mongolie est rude, mais elle sait récompenser des efforts à fournir…

L’accueil mongol

Simple et humain. En Mongolie, on ne s’ignore pas, on regarde dans les yeux. D’une manière ou d’une autre, on dit toujours bonjour : “Sain bain oo !”, signe de la main, lever de chapeau, klaxon, appels de phares… Et lorsque l’on rentre dans une yourte, on est chez ses propres parents. Quelle que soit la raison pour laquelle on est entré, la discussion commencera toujours par un bol de lait chaud et des boortsog, les gâteaux secs typiques. Culture nomade.
Ici, l’accueil va de soi. Davka, 16 ans, ne demande pas à ses parents pour nous inviter à planter la tente dans le jardin. Le Lama nous dirige tout de suite dans la pièce chauffée de son monastère. Pouinklichik nous laisserait bien son lit si on n’insistait pas pour dormir par terre dans la yourte familiale.
L’attention envers son prochain est réelle. Naturelle.

Les paysages

Dans un pays grand comme trois fois la France et où vivent seulement 2.5 millions d’habitants, Mère Nature est forcement la reine. Comme si ici, le monde venait de naître. Comme devant les nouveaux nés, on s’émerveille : les couleurs (bleu-vert de l’herbe, jaunes d’or des herbes séchées par le soleil, vert irlandais des prairies, bleu du ciel, violet des iris sauvages, vert auvergnat des forêts au sommet des montagnes,…), les lumières (celles, éclatantes, du soleil couchant, des étoiles qui tardent à s’allumer tant les journées sont longues…), les odeurs (le chaud, les pins, la rivière), les troupeaux d’animaux (moutons, vaches, chèvres, chevaux, chameaux), les insectes (les papillons aux 1000 couleurs). La nature est riche dans sa diversité. L’immensité ajoute de la valeur au trésor.
On ne peut qu’admirer, et réflechir à ce que l’Homme a fait dans nos pays.

La nourriture

Est-ce vraiment une récompense (surtout après la Chine !) ?
Avec les Mongols, on boit du lait chaud et du thé salé au lait. On mange du yaourt fraîchement préparé, du pain et des boortsogs (les gâteaux secs, voire très secs). C’est l’alimentation de base des mois d’été. En hiver, le mouton vient compléter les repas. On a  voulu tester, dans les petits resto locaux : des khuushurs (beignets frits de mouton), du tsiuban (pâtes sautées avec des carottes et des petits morceaux de mouton), un goulash (au mouton !) un peu (!) huileux…
Côté bivouac, on avait quelques réserves de pâtes instantanées chinoises, donc on commence à en avoir un peu marre.
Vivement des fruits et légumes frais !

La page à tourner

Il ne nous reste plus qu’à acheter notre billet de train pour Moscou avant de terminer le chapitre asiatique du voyage. On part demain si tout va bien (mais les billets ne seront en vente que demain matin…).
Plus que le retour en lui-même, ce sont aujourd’hui les 4 jours de train que j’appréhende, après ces 12 jours d’immensité à respirer le grand air.

La Chine, si vaste

Enregistré dans : Actualité, Chine — seb at 7:50 am on Vendredi, mai 25, 2007

La reprise

Sitôt de nouveau assis sur nos vélos, nous redécouvrons les avantages de découvrir un pays de cette façon. Ils nous rendent sympathiques et nous permettent d’amorcer un échange avec les habitants. C’est parfois simplement un signe du pouce d’un passant ou de gendarmes serrés à 5 dans une petite voiture, des sourires et des rires. Nous rions souvent avec les chinois, sans doute parce que nous utilisons un moyen de communication inhabituel : exclusivement le mime parce que nous ne parlons pas un mot de leur langue. Il est déjà bien difficile de faire comprendre la phrase disant que nous ne parlons pas le chinois…

Les premiers jours de vélo sont parmi les meilleurs. Nous roulons sur des chemins et sur de petites routes entre rivières et rizières où pataugent des paysans avec leur boeuf et leur charrue. Ils sont entourés de pitons rocheux boisés, décors typiquement chinois. Nous passons notre première nuit dans ce joli coin de nature sous notre moustiquaire et les étoiles. Le lendemain, nous mettons nos vélos sur une péniche pour traverser la rivière et continuer notre route de l’autre côté. Petit goût d’aventure même si nous croisons des bateaux de touristes descendant les gorges.

Des rencontres

L’accueil des chinois est d’une spontanéité étonnante. Ils comprennent très vite que nous voulons planter notre tente près de leur maison pour passer la nuit et acceptent sans hésitation. Ils nous proposent parfois de plutôt dormir à l’intérieur ou de simplement partager le repas avec eux. Toujours aussi souriants. On se sent chez eux comme chez nous. Ils ont une certaine façon de nous mettre à l’aise… ou alors est ce que nous nous habituons à accepter et mieux vivre un accueil ?

Episode amusant : Alors que nous sommes assis à l’ombre sur un escalier, un couple nous apporte deux bouteilles d’eau et un sac de nourriture contenant des brioches, des biscuits et …des pieds de poulet ! Est ce parce qu’il faut nécessairement être pauvre pour se déplacer avec un véhicule sans moteur ou parce que nous sommes tellement sales que nous avons l’air de mendiants ?

Dans la ville la plus sacrée de Chine pour les taoistes, nous nous arrêtons d’abord dans un petit temple. Un moine nous apporte d’abord à boire, puis nous offre un évantail et un bracelet à chacun avant de nous conduire jusqu’à d’autres temples… Pourquoi tant d’attentions ?

Les bus

La Chine est tellement grande que nous sommes obligés de prendre des bus pour rejoindre Pékin en un temps raisonnable. Ils sont heureusement plus faciles à trouver que ce à quoi nous nous attendions. Une fois la station de bus trouvée dans une ville, un bus est presque toujours sur le point de partir et semble nous attendre. Mettre les vélos dans le bus est plus ou moins facile. On a dû à peu près tout essayer : sur le toit, dans la soute, entiers ou sans les roues avant, dans le coffre, dans le fond du bus, derrière le siège du chauffeur, dans l’allée…
La plupart du temps, les chauffeurs sont sympas et nous aident mais certains nous font parfois de petites frayeurs lorsque nous sommes sur le point de prendre un bus de nuit et qu’il commence par refuser d’embarquer nos vélos. Il suffit en général d’insister gentiment.
En arrivant sur Pékin vers 23h, le chauffeur refuse d’ouvrir la soute. Il veut que nous lui donnions de l’argent pour que nous puissions les récupérer ! Sûrs de nous (mais un peu tendus quand même) nous croisons les bras pour lui montrer que nous ne paierons pas et que nous ne sommes pas pressés. Certainement fatigué par une longue route, il nous ouvre la soute après quelques minutes.

Les repas

Manger sur la route en Chine est très plaisant. Dans les villes, on trouve de nombreuses petites échoppes où la cuisine est faite sous nos yeux, parfois sur la rue. Ca nous facilite bien la tâche pour expliquer ce que nous voulons manger, il suffit de montrer. Il est surtout bien agréable de pouvoir voir un plat avant de choisir et de passer à table. Certains vendent aussi de quoi manger dans la rue. Leur matériel est installé sur des charrettes et proposent des légumes, du riz ou des nouilles qu’ils font devant nous en coupant des morceaux dans une boule de pâte. Le tout est toujours bon marché alors on ne se prive pas !

Joyeux anniversaire

Pour mes 24 ans, mon matelas est crevé, il faut trouver les fuites (oui il y en a plusieurs) et coller des rustines. Après cela, on entre dans une zone d’extraction du charbon. Les mines sont partout, à ciel ouvert et les camions remplis de poudre noire partagent la route avec nous. L’air irrite un peu le nez et la gorge, impossible de prendre un bus, les villes que l’on traverse sont trop petites. Personne ne traîne dans les rues, les rivières ont une couleur verte un peu fluo. Comment peut-on vivre ici ? Nous sommes complètement noirs le soir mais nous trouvons une chambre avec salle de bain pour nous décrasser. On prend notre repas dehors. Mon gâteau d’anniversaire est une banane et Jen a même pensé aux bougies.

Retour à la modernité : Hong-Kong

Enregistré dans : Actualité, Chine — seb at 6:39 am on Samedi, mai 5, 2007

On ne pouvait sans doute pas faire de transition plus marquée. On quitte le Népal qui a toujours un pied dans le moyen âge pour arriver à Hong Kong, à la pointe des nouvelles technologies. Ce qui ne nous surprend plus au bout d’une semaine ici commence par attirer notre attention : des écrans plats, des tapis roulants et escalators (même pour monter 10 marches), de nombreux éclairages, le métro, les ascenseurs, les voitures de luxe, la climatisation partout, des machines pour faire briller le sol… On s’y sent un peu perdus.
Le sommet du futurisme arrive le soir avec le spectacle de lumières qu’offrent les tours du centre des affaires. Des lasers verts et des lumières blanches courent dans le ciel depuis le sommet des buildings de 400m de hauteur, qui jouent eux aussi de lumières. Le tout en musique. On n’est décidément plus au Népal.
En attendant nos divers visas (chinois, mongols et russes), on a le temps de retrouver Olivier (mon ancien colloc), de le suivre dans quelques coins de Hong Kong et de Shenzhen où il habite (c’est la première ville chinoise derrière la frontière hong kongaise). On profite d’un sauna suivi d’un massage de 2h pour un prix presque dérisoire, on s’habitue à manger avec les baguettes, on joue aux cartes, on prépare notre itinéraire vers Pékin, on goûte au serpent et à de nouveaux fruits (le fruit du dragon) et on profite à nouveau des massages : cette fois, ce sont les pieds.
On est maintenant prêts pour découvrir les routes de la Chine. Samedi 5 mai, 19h30 (ce soir !), un bus nous emmène vers Guilin avec nos vélos.

Deuxième mois au Népal, à 4

Enregistré dans : Actualité, Népal — Jen at 6:22 am on Samedi, mai 5, 2007

31 mars, 5h. Le réveil sonne. Nous partons pour l’aéroport, chercher mes parents qui arrivent pour trois semaines.

Relation parents-enfants

Leur séjour est prévu depuis longtemps déjà. J’ai eu le temps d’y réfléchir, de me mettre à leur place pour imaginer leurs attentes,l’état d’esprit dans lequel ils arrivent… Pour le programme, ils nous font confiance. Papa et Maman nous ont toujours impliquées, ma soeur et moi, dans l’organisation des vacances. Cette fois-ci, je ne suis pas impliquée mais responsable (Seb est là aussi quand même !). Je réalise concrètement que j’apporte des choses à mes parents. La relation qui m’unit à eux n’est plus unilatérale (même si eux diront qu’elle ne l’a jamais été, normal, ce sont mes parents…).

Le programme des trois semaines

Que faire alors pendant ces trois semaines ? Il faut trouver le juste milieu entre le marathon touristique et l’immobilisme total dû au simple bonheur d’être ensemble. Est-ce égoïste de proposer un simple lemon tea sur le toit de la guest house alors qu’il reste des tas de choses à voir et faire ?…
On remplit quand même plutôt bien ces trois semaines : 8j de trek aux lacs de Gosaikund, visite de Kathmandu (Durbar square ; le vieux centre, freak street : la rue hippie d’il y a 30 ans, devenue complètement banale, et pourtant, les Beatles étaient là !, Thamel : le quartier touristique…) et de sa vallée (les stupas de Bodnath et Swayambu, Patan et ses temples, Nagarkot, d’où la vue sur l’Himalaya est superbe lorsque les nuages daignent s’en éloigner). Et bien sûr, Bhaktapur, qui s’anime tous les soirs à l’occasion du nouvel an népalais (un festival de 10 jours, plutôt impressionnant).

Echange de regards

Voir un pays, c’est bien, mais le regarder et le vivre, c’est mieux. Je suis contente de pouvoir faire découvrir “de l’intérieur” le Népal aux parents : réveillonner le jour de l’an chez la famille d’Indra, préparer le trek avec Syam, l’ancien guide de montagne reconverti en vendeur de châles avec qui l’on a sympathisé… Profiter de notre mois passé à Bhaktapur pour ne pas être un mouton dans le troupeau de touristes (ou un peu moins…).
Papa et Maman ont aussi l’occasion (non prévue et non voulue) de s’immerger l’espace d’une grosse après-midi dans la vie du voyageur : acheter un billet d’avion Kathmandu - Hong Kong ne paraissait pourtant pas compliqué, c’était sans prendre en compte que l’on était au Népal !
De notre côté, on profite du regard nouveau que nous apportent Papa et Maman pour s’émerveiller à nouveau de notre quotidien que l’on avait trop banalisé : le temple de Nyatapola à cinq toits que l’on voit dès que l’on sort de la chambre, le marché bi-journalier de la place Taumadhi… On reprend conscience de notre chance de réaliser notre rêve…

Bouffée de France

Voilà 6 mois que nous sommes hors des frontières françaises. Papa et Maman amènent avec eux un bout du pays : des histoires de leur quotidien, presque devenues extraordinaires à nos yeux (un repas de famille, les bébés nageurs…), des débats d’actualité et surtout un paquet miraculeux : reblochon, chèvre, cantal, chocolat et tisane menthe - réglisse… un régal !

Derniers jours au Népal

Papa et Maman sont partis. Les coupures d’électricité de l’aéroport ne les ont même pas retardés !
Il nous reste cinq jours au Népal. C’est bientôt un chapitre qui se termine, celui des trois mois passés dans le sous-continent indien. Et comme à chaque nouvelle page, la crainte remonte en moi. Se relancer dans l’inconnu alors que l’on est enfin familiarisé à l’inconnu d’hier. Les a priori négatifs prennent toujours le dessus des positifs : les chinois qui ne parlent que chinois, ce gouvernement qui interdit à son peuple d’accueillir des étrangers chez lui… alors qu’on pourrait retenir une phrase de Val (”qui ne joue pas n’est pas chinois”), la cuisine variée et savoureuse ou la grande muraille. L’esprit joue parfois des tours.
Comme une dernière preuve de la simplicité du Népal, Thai Airlines ne fait aucun souci avec nos kilos supplémentaires : ils pèsent 33 kg de sacoches, et embarquent les vélos sans se soucier de leurs 32kg. On est en dessous des 40 kg autorisés… C’est légers que nous partons vers Hong Kong.
Bon vent…

Pause à Bhaktapur

Enregistré dans : Actualité, Népal — seb at 12:10 pm on Lundi, avril 23, 2007

Notre mois de mars a été bien rempli, même si les vélos sont restés tranquilles dans le couloir de notre guest house ! Nous avons été volontaires à TOIT, l’association dont nous vous avons déja parlé au tout début du voyage. Laissez vous guider, vous êtes avec nous au Népal…

La ville

Bhaktapur, c’est d’abord une ville dans laquelle les voitures ne sont pas autorisées à circuler. Le rêve ! La plupart des rues seraient d’ailleurs trop étroites et on s’y promène donc comme dans un village. Après un mois et demi ici, on trouve encore des rues nouvelles à emprunter.

On dit que c’est la capitale culturelle du Népal et on le comprend : à chaque coin de rue, on découvre un nouveau temple, plus ou moins grand. Les maisons respectent le style traditionnel newar, en briques rouges. Les portes et les poutres de toit sont régulièrement finement sculptées, représentant des dieux ou des déesses.

Dans ce cadre traditionnel s’exprime aussi une « culture moderne » que l’on voudrait ignorer. Les téléphones portables sont évidemment arrivés jusqu’ici, avec les jeans et les vêtements à la mode, la musique branchée dans quelques lieux branchés, la télé et « Qui veut gagner des millions »…

En sortant des ruelles étroites, lorsque la vue se dégage, c’est l’Himalaya que l’on a devant les yeux, avec des sommets à 7000m. Malheureusement, la brume de chaleur et de poussière nous a de plus en plus privés de ce plaisir (jusqu’à le supprimer complètement) à mesure que nous avancions dans la saison chaude.

Ce village pourrait être un musée, mais celui-ci serait animé d’une vie palpitante : celle des marchands de fruits et légumes (qui ont leurs étalages à même le sol ou sur le porte bagages de leur vélo, astucieusement aménagé), celle des enfants qui jouent à chaque coin de rue, dans chaque cour intérieure (entre deux temples), celle des femmes lavant leur linge ou venant chercher de l’eau à la pompe, celle des potiers qui font sécher leur production au soleil sur des places qu’ils investissent.

Tous ces gens sont on ne peut plus accueillants. Il suffit de s’asseoir quelques minutes dans une rue pour qu’un népalais vienne engager la conversation. Il se peut aussi que quelqu’un vous apporte un tapis ou vous « bénisse » parce que vous êtes assis devant chez lui. On vous regarde parfois avec un grand sourire, semblant vouloir vous souhaiter la bienvenue. Tout est possible, même jouer de la guitare le soir avec un groupe de jeunes sur la place du temple principal devenue déserte.

A Bhaktapur et au Népal en général, on peut observer une pratique omniprésente de la religion. Le bouddhisme et l’hindouisme se mêlent et on est très loin de comprendre tout ce que l’on voit. La plupart des népalais ne passent pas devant un temple sans adresser une prière accompagnée d’un ou plusieurs allers et retours de la main entre la poitrine et la tête. Les jours astrologiquement propices aux mariages voient de nombreux cortèges défiler dans les rues avec une fanfare. Si l’on a de la chance, on peut même voir une déesse vivante danser dans les rues dans l’euphorie générale, mais c’est rare. Au coucher du soleil et pendant une heure ou deux, des hommes se rassemblent devant les temples pour chanter des poojas (prières) en jouant du tambour et des cymbales.

Bisket Jatra, le nouvel an népalais

Entre le 10 et le 18 Avril, les népalais ont célébré le passage à une nouvelle année et les rues sont devenues encore plus vivantes et fréquentées. Tous les habitants semblaient alors se trouver dehors pour jouer de la musique, sacrifier leur chèvre ou leur poule, sortir les dieux des temples, parcourir la ville avec eux en jouant de la musique et faire encore de nombreuses offrandes et prières. Les habitants se rassemblent aussi autour de deux activités principales, assez impressionnantes. Les observateurs se plaçant jusque sur les toits des maisons pour suivre le spectacle.

La première consiste à tirer un gros temple en bois à quatre roues à l’aide de cordes dans différentes parties de la ville. Pour compliquer la chose, on a parfois deux équipes. Chacune d’elles doit emmener le chariot dans une direction opposée à celle de l’autre équipe. Le plus impressionnant est sans doute de voir le chariot dévaler une rue en pente à toute vitesse, suivi et précédé par la foule qui court en criant après être resté un long moment immobile.

La deuxième activité consiste à faire passer un tronc d’arbre de 25 mètres de haut à la verticale à l’aide de cordes (voir les photos pour comprendre comment). Une fois érigé, il faut le faire tomber et la nouvelle année commence à ce moment là. Cette fois, tout le monde tire dans la même direction en essayant de suivre une cadence commune (sans y arriver très souvent !) La plupart du temps, les essais sont infructueux et le tronc ne bouge pas d’un poil.

Les tentatives au cours desquelles le tronc se met à bouger en sont beaucoup plus intenses, la foule entière semble participer en sifflant et en acclamant. Parfois, des cordes se cassent et le mat se met à balancer au dessus de la foule qui crie de frayeur cette fois.

Comme si leurs dieux y étaient effectivement pour quelque chose l’arbre se dresse tout à coup après plus de 24 heures d’efforts. Certains qui ne connaissent décidemment pas la peur tentent alors de grimper jusqu’au sommet du mat ce qui leur apporte une aide divine pour l’année à venir. Dans un premier temps, il s’agit quand même de ne pas tomber de ce mat qui tangue sous le poids des nombreux candidats…

Où dort-on ?

Nous nous sommes installés dans une petite Guest House (25 euros pour le mois. Pour avoir une idée, ici on a en gros un repas pour 1 euro, un trajet en bus pour 20 centimes, une banane pour 2 centimes… Presque aucun népalais ne peut s’offrir un voyage en France. Certains en auraient apparemment grande envie. On se retrouve parfois dans des situations un peu gênantes où l’on n’ose pas donner le vrai prix d’un billet d’avion à un népalais qui nous le demande parce qu’il est infiniment hors de portée pour eux…)

Pour en revenir à notre logement, c’est une chambre un peu rudimentaire mais où l’on est à l’abri ! Il y a peu d’eau chaude dans la douche commune où se trouvent aussi les toilettes. On se douche au gant népalais qui est une sorte de grattoir et on se met complètement sous l’eau quand il fait assez chaud. L’avantage de cette Guest House, mis à part son prix, c’est sa convivialité. On y a rencontré deux ou trois voyageurs, mais on est surtout devenu assez amis avec quelques uns des gens qui travaillent ici ou qui viennent boire un coup de temps en temps. Notre préféré est sûrement Roupes avec qui on a le plus souvent discuté et fait de tours dans Bhaktapur.

Que mange-t-on ?

Traditionnellement, c’est du dal bhat : du riz avec une soupe de lentilles, plus ou moins épaisse. Le plat est souvent accompagné de curry de légumes (des légumes en sauce). C’est souvent bien épicé, mais on s’y fait ! Une variante newar consiste à remplacer le riz vapeur par du riz pilé. C’est dur, ça croque, on aime !

En un mois, on a eu le temps de tester les restos locaux de Bhaktapur, ceux où les Nepalais peuvent se permettre d’aller (un bon repas coute 25 Rp, soit 25 centimes d’euros). La cuisine y est plus variée. On y trouve des momos (des raviolis cuits à la vapeur ou frits, d’un côté seulement ou des deux). Il y a beaucoup de friture : des samosas (des beignets fourrés aux légumes), des pakodas (des boules de légumes liés avec un oeuf, frites), des ’sweets’ qui, bien qu’étant sucrés, nous rappellent étrangement le goût de la peau de poulet grillée, des shell (beignets en forme de bouées, légèrement sucrés, délicieux avec un brin de nutella !), des sekuwa (du boeuf grillé, revenus avec des oignons et des tomates)… On accompagne le tout de thé népalais (avec du lait et de la cardamone), ou du chang (la bière népalaise faite à base de riz, toujours fabriquée maison, et servie dans un broc ou une bouteille de coca…).

Ces mêmes restos locaux préparent aussi tout un tas de sucreries. Nous avons aimé les ladoos (des boules de semoules sucrées, jaunes), des sortes de crêpes (bien plus grasses que les nôtres !). Mais nos expériences se sont rapidement ralenties, à cause d’un dessert qui sentait un peu trop le lait trop vieux…

Dans les restos de catégorie légèrement supérieure (100 Rp par personne), on trouve des plats tibétains : le chatamari (une pizza, la pâte est faite à base de farine de riz, la garniture, presque comme chez nous !), le thukpa (une soupe et des noodles, une sorte de spaghettis)… On trouve aussi des chowmeins (noodles revenues avec des légumes), des chopsueys (noodles grillées revenues dans des légumes, et une sauce sucrée salée), des spring roll (des énormes nems dans lesquels se trouvent… des noodles !)…

TOIT, l’asso

L’ouverture de l’école dans laquelle nous aurions dû faire du soutien scolaire et de l’animation d’ateliers de jeux a été reportée et nous avons donc dû adapter notre programme et chercher à apporter notre aide autrement.

L’école étant en construction, nous avons commencé par fournir de la main d’œuvre bon marché pour déplacer des poutres et des briques, creuser des tranchées pour des tuyaux…

On a ensuite fait pas mal de traductions de documents (du français à l’anglais et inversement). Nous avons par exemple traduit des fiches décrivant les enfants à parrainer (pour leur permettre d’aller à l’école) et leurs conditions de vie ainsi que des pages Internet du nouveau site de l’association.

Vous pouvez d’ailleurs aller voir le site (pour l’instant en anglais, mais la version française sera bientôt disponible) pour en savoir plus ou si vous souhaitez parrainer un enfant : www.toit.org.np

Jeux népalais

Enregistré dans : Jeux, Népal — seb at 11:44 am on Lundi, avril 23, 2007

Bhaktapur est un endroit rêvé pour apprendre des jeux. Les enfants sont partout et tellement accueillants qu’il est toujours facile de rentrer dans la partie. Il suffit de commencer à jouer en les imitant ! En restant à Bhaktapur pour une assez longue période, on a même pu se faire de copains (de 6 à 10 ans) avec qui nous allons régulièrement jouer.

Bomlass

Il s’agit d’éliminer les autres joueurs en les touchant avec le stoungui, une boule d’élastiques qui doit être lancée depuis l’endroit où elle est tombée. Le gagnant est le dernier à ne pas s’être fait toucher.

L’intérêt de ce jeu est que ceux qui se sont fait éliminer peuvent toujours jouer (mais pas gagner) : ils peuvent continuer de tenter d’éliminer ceux qui ne le sont pas encore et peuvent même se faire des passes entre eux.
On a vu de nombreuses variantes de ce jeu : une dans laquelle il est autorisé de courir avec le stoungui à la main, une autre dans laquelle il faut toucher les jambes pour éliminer quelqu’un…

Game ball

Ce jeu se joue aussi avec un stoungui (boule d’élastiques) mais on peut y jouer avec une balle.

On commence par former une pile de 8 briques (ou de pierres plates) au sommet de laquelle on pose une petite pierre et le stoungui.

Deux équipes doivent ensuite être formées : les « constructeurs » et les « gardiens de la tour » qui inverseront les rôles à la partie suivante.

Les constructeurs ont d’abord une chance chacun de détruire la tour en lui lançant une brique ou une pierre dessus (avant de construire, il faut détruire dans ce jeu). S’ils échouent, les rôles des deux équipes sont inversés. S’ils réussissent, leur but est alors de reconstruire la tour et de crier « game » en posant la petite pierre au sommet. Mais attention, ils ne doivent pas se faire toucher par le stoungui que les gardiens de la tour leur lancent, sous peine d’être éliminés. Les gardiens peuvent se faire des passes. Les constructeurs ont le droit de taper du pied dans le stoungui au sol pour l’éloigner de la tour et permettre à leurs partenaires de reconstruire la tour un peu plus calmement.

Il existe encore des variantes avec par exemple le droit de courir ou non avec le stoungui à la main, la possibilité de ne mettre qu’un seul gardien…

Pin

C’est la marelle népalaise. « Pin » est à la fois le nom du jeu et du morceau de brique que l’on lance dans les cases d’un parcours. Un grand carré est divisé en 4 cases numérotées de 1 à 4.

On faut d’abord lancer le pin dans la première case, puis le pousser de case en case jusqu’à la sortie (en dehors de la quatrième case). La première façon de pousser le pin est de le taper d’un pied en gardant son autre pied dans la case précédente. Attention, le pin ne doit pas s’arrêter sur une ligne et les pieds du joueur ne doivent pas être posés sur l’une d’elles. Lorsqu’un joueur échoue, il laisse sa place au suivant et attend le prochain tour.

Lorsque l’exercice est réussi en ayant lancé le pin dans la première case, on peut le lancer dans la deuxième et le pousser sur la suite du parcours et ainsi de suite jusqu’à lancer le pin dans la quatrième case.

Il y a différentes façons de pousser le pin de case en case et l’on passe de l’une à l’autre à mesure que l’on réussit. La deuxième façon est de se déplacer sur un pied et de le faire passer dans la case suivante en ne tapant qu’une seule fois dedans avec le pied sur lequel on se déplace. La troisième façon : on se déplace et on tape dans le pin avec les pieds croisés.
On peut en imaginer beaucoup comme ça, les yeux fermés, en marche arrière…

Et tous les autres…

Les enfants débordent d’imagination pour trouver à jouer avec presque rien, un pneu que l’on fait rouler en le poussant avec un bâton par exemple.

Les temples restent des terrains de jeux idéaux : grimper sur les éléphants, escalader les cloches géantes, chiper les offrandes, courir autour…

L’étroitesse des ruelles de Bhaktapur n’est pas un problème. On arrive quand même à y jouer au cricket, au foot, au ping pong (une surface plate et un “filet” en briques), au badminton…

Le Népal, c’est de la balle !

Enregistré dans : Actualité, Népal — seb at 6:13 am on Mercredi, mars 14, 2007

Après la platitude de l’Inde, on ne pouvait qu’être séduits par l’apparition des montagnes en entrant au Népal. Enfin des montées, des descentes, des virages en côte jusqu’auxquels on avance en espérant découvrir un horizon nouveau. Le paysage et l’atmosphère nous portent.

La plus grande partie de la montée vers Kathmandu se fait en douceur par une vallée plus ou moins encaissée au fond de laquelle coule une rivière. Une grève nous fait un cadeau d’une valeur inestimable en bloquant la route à tous les véhicules pendant plus de deux jours. Nous sommes alors certains de nous trouver sur la plus grande et la plus belle des pistes cyclables. On n’a pas à surveiller les camions nous doublant de trop près et on se promène tranquillement dans ces lieux qui semblent reculés. Le décor est à la fois tropical et montagnard : des bananiers, des yucas, des cultures en terrasses, des népalais qui transportent de gros paniers à l’aide d’une lanière qui passe sur leur front, des shortens, des drapeaux de prière…
Nous faisons les deux derniers jours de route qui nous conduisent jusqu’à Kathmandu en compagnie d’un voyageur à vélo venu d’Allemagne. Nous partageons le dernier campement et la dernière veillée avec lui.
Une quinzaine de kilomètres après Kathmandu, nous arrivons à Bhaktapur, cité traditionnelle dont on vous dira davantage après quelques temps de vie ici. Nous faisons connaissance avec l’association TOIT dont on vous donnera aussi des nouvelles bientôt.

Inde, au nord du Gange…

Enregistré dans : Actualité, Inde — Jen at 1:22 pm on Mardi, mars 13, 2007

Allahabad

La ville où se réunissent le Gange, la Yamuna et une troisième rivière (imaginaire et souterraine) sacrée, au niveau du Sangham. Chaque année, le Kumb Mela est organisé. C’est un festival religieux qui rassemble plus d’un million de personnes. Au programme, prières et bains sacrés. On est arrivés quelques jours après la fin du festival, mais il restait les plus déterminés ! Les berges sont immenses. On y a passé un petit moment, le temps de saisir quelques détails, les linges qui sèchent au vent, les rituels d’ablution dans les rivières sacrées, les vendeurs de bidons vides (pour pouvoir ramener de l’eau sacrée chez soi), de fleurs, de noix de coco (des offrandes classiques), de poudre à tilak (le troisième oeil que portent les femmes mariées)… Inutile de dire que ce n’est absolument pas suffisant pour comprendre quoi que ce soit à l’hindouisme !…

Au coucher du soleil, ou au lever de la brume du matin, l’atmosphère qui y règne est toujours aussi saisissante, même s’il est difficile de la caractériser. Les rituels religieux se mèlent à la vie du camping géant où chaque carrefour abrite un vendeur de quelque chose.

On continue notre route vers Varanasi qui ne se trouve plus qu’à 100km.

La vie du village

Depuis notre arrivée en Inde, on se demandait si on aurait l’occasion d’aller dans un village, sans jouer aux touristes curieux. Nous rencontrons Prem dans un dhaba dans lequel on trouve refuge en attendant que la pluie cesse, entre Allahabad et Varanasi. Prem est saddha. Dans 2 ou 3 ans, il se dévouera entièrement à Krishna, et deviendra saddhu. En attendant, il est professeur d’hindi bénévole à 18 km de là. Comme nous, la pluie l’a fait stopper au dhaba. Ses quelques mots d’anglais nous permettent de pénétrer son univers si particulier. Il nous parle de Krishna, du yoga de l’amour qu’il pratique tous les jours… Il n’en reste pas moins un homme “normal” avec qui on passe la fin de la soirée à jouer aux cartes.
Il nous invite à passer la journée suivante chez lui, dans son village. On accepte avec plaisir bien sûr. Encore une fois, on est accueillis comme des rois. On enlève les bouses de vache de l’abri (fait de bambous, de paille et d’une bâche imperméable) pour nous installer deux fauteuils en plastique à côté du charpay où Prem est assis en tailleur. Les jeunes (et les moins jeunes) viennent nous observer. C’est dimanche, tout le monde est là…
On nous offre de la canne à sucre et des petits pois fraîchement déracinés des champs voisins, un caramel (liquide et noir) de sucre de canne, du thé… on ne manque de rien !
La pluie redoublant de force, on passe dans la maison de Prem pour mettre les vaches à l’abri. Une éclaircie nous permet de visiter le village, accompagnés par une trentaine de jeunes ! Tout le monde se connaît ici, il règne une belle atmosphère de complicité. On joue un peu de musique, et jouons avec les ados qui sont encore sous l’abri. On nous sert un kisleri (un risotto végétarien) que l’on déguste avec la main droite, comme c’en est l’habitude ici.
Ce soir, on dort avec Prem, les deux araignées plates et le lézard de la poutre du plafond, les rats qui chahutent dans le tas de bois, et les moustiques qui nous tournent autour des oreilles…

Varanasi (du 12 au 17 fevrier)

Quel plaisir de se poser, surtout à Varanasi ! Construite sur les rives du Gange, la ville est éminemment sacrée pour les hindous, et c’est toute l’ambiance de la ville qui s’en ressent : des temples à foison, et surtout les ghats, ces berges aménagées où ont été construits des escaliers pour faciliter l’accès à la Mère Gange. On vient y flâner une bonne partie de notre séjour, il s’y passe toujours quelque chose !

Dès le lever du soleil, les plus déterminés (et ils sont nombreux) viennent y faire leurs ablutions (s’immerger trois fois intégralement, et boire de l’eau dans sa main), leur lessive (admirez la technique des femmes pour laver si rapidement le sari de 5,5m de long !), des offrandes (des fleurs, du riz, des noix de coco, des images de Dieux dans des sous-verre…). Dans la journée, tout le monde investit les ghats : les vendeurs sous leur parasol naturel, les saddhus sous des tentes de fortune, les bateliers proposant une virée en barque sur le Gange, les touristes, appareils photos autour du cou…On assiste un soir à la cérémonie des lumières, une prière en musique pendant laquelle cinq prêtres effectuent leurs rituels, tournés vers le Gange.
La ville s’agite encore davantage pour célébrer l’anniversaire de Shiva (Shivaratri). L’ambiance est à la fête : rassemblements religieux sur les ghats, parade impressionnante de débrouillardise dans la rue principale…

Une ville, c’est aussi pour nous l’occasion de rencontrer d’autres voyageurs, de varier notre nourriture du traditionnel tali (on aime les lassis, des yaourts dilués, parfois aromatisés à la mangue, la banane ou la papaye, et les chopsueys, des nouilles grillées servies avec une sauce sucrée salée), de faire un nouveau stock de lecture dans les librairies anglaises, et de s’étaler dans notre chambre d’auberge de jeunesse !

En route vers le Népal (18 au 24 février)

Cap au nord ! Le paysage change enfin, et c’est avec plaisir que l’on voit apparaître bosquets de bambous, bananiers et palmiers, ajoutant une touche de vert à ce jaune sec infini.

Est-ce parce qu’on a conscience que la fin de l’Inde est proche qu’on en profite mieux ? Peut-être aussi parce qu’elle nous est devenue plus familière (on est par exemple habitués à se faire observer, et en profitons pour lancer des jeux plutôt que de rêver à la pause tranquille qu’on imaginait…). On a l’impression de maîtriser un peu plus le pays (finies les arnaques, 3 roupies le tchai, pas plus !).

Notre dernière semaine en Inde est un bon résumé des différents campements possibles : les charpays des dhabas, une station essence, un temple bouddhiste, un lycée et même un champ désert (!) pour planter la tente. Salim nous accueille un soir dans sa maison de terre, après avoir passé de bons moments à jouer avec ses enfants l’après-midi.

On quitte l’Inde au matin du 25 février, des sourires pleins les yeux…

Inde : Agra-Allahabad

Enregistré dans : Actualité, Inde — seb at 11:07 am on Jeudi, février 8, 2007

Nous commençons par mettre nos vélos sur le toit d’un bus qui nous emmène jusqu’à Agra, ville célèbre pour le Taj Mahal. Nous ne manquons pas de le visiter  et sommes à l’ouverture des portes à 6h pour le voir lentement apparaître avec le jour.

Nous nous lançons alors sur les routes de l’Inde qui nous donnent énormement à observer. D’abord ceux qui nous accompagnent : le flux continu de cyclistes qui transportent du lait, du bois, ou encore leurs femmes et leurs enfants, les dromadaires et les buffles tirant des charrettes, les taxis , les bus et les camions qui transportent des passagers jusque sur leurs toits !
Au bord de la route, c’est une multitude de petits marchands, réparateurs de vélos, potiers, couturiers et barbiers qui se succèdent.
Derrière eux, des maisons en briques, en terre ou en paille parmi les rizières. Parfois, le décor devient désertique et il ne reste plus que du sable et quelques arbres mais tout est toujours aussi plat. C’est la vallée du Gange.
Sur cette toile de fond surgissent parfois des détails plus rares comme une vache à la bosse et aux genoux colorés en violet, des porcs dans les rues des villages, des chimpanzés qui se balancent de branches en branches au dessus de nos têtes, la lessive du dimanche où l’on vient frapper son linge sur les rochers dans la rivière avant d’étendre tous ces tissus de couleur sur le sol, au soleil.
Autre détail, ici on roule à gauche et on emprunte ce qu’ils appellent des autoroutes qui réservent déjà assez de passages dans la boue et les graviers. On y trouve aussi des charrettes, des habitants transportant du foin sur leur tête et toujours autant de cyclistes. Les pauses se font obligatoirement à l’ombre parce que même si c’est l’hiver, il fait entre 25 et 30 degrés.

Notre contact avec la population est parfois difficile parce que nous avons du mal à comprendre tous leurs comportements. On s’habitue à certains aspects mais d’autres nous gênent encore. Ca dépend aussi de notre humeur.
Le premier point est que les indiens n’hésitent pas à former des attroupements de 20 à 70 personnes pour observer les bêtes étranges que nous sommes, que ce soit lorsque nous voulons acheter des bananes ou que nous voulions nous arrêter pour une pause tranquilles. Se sentir constament observés peut devenir pesant et même énervant pour nous qui avons l’habitude d’avoir notre espace de “vie privée” ce qui n’existe pas vraiment ici.
La deuxieme cause d’énervement principale (on aime bien l’Inde quand même, attendez la suite) c’est la nécessite de marchander si on ne veut pas payer 4 fois plus cher que la normale et de demander le prix d’un thé à l’avance pour ne pas risquer de le payer aussi cher qu’un repas complet.
Pour finir avec les détails énervants, citons dans le désordre qu’il est de rigueur pour un véhicule de klaxonner intempestivement dès qu’il effectue un depassement, que chacun nous fait répéter au moins deux fois notre destination et notre provenance (à la fin de la journée, ça fait beaucoup), que l’on nous interpelle pour nous prendre en photo et l’échange ne va pas plus loin (rare) et que l’on a parfois l’impression que certain nous invitent dans le seul but de nous montrer à leurs amis…

C’est tout pour le négatif. Tout le reste, c’est du bonheur parce que tous ces indiens nous apportent (presque toujours) un sourire, un signe de la main. Ils sont ravis de nous recevoir et nous le montrent bien, parfois de façon surprenante : certains nous demandent de nous lier d’amitié avec eux. Ils nous serrent alors la main avant de poser la leur sur leur coeur. En signe de bienvenue, on nous a aussi remis plusieurs fois des colliers de fleurs. Nous sommes aussi très régulièrement invités à nous arrêter un instant au bord de la route pour boire un thé et manger quelques biscuits.

Nous prenons toujours nos repas dans des dhabas qui sont de petits restos sur le bord de la route. Le menu est toujours le même : du dal (lentilles brouillées avec des herbes et des épices) que l’on attrape à la main avec des chapatis (sorte de crêpes) qui sortent tout juste du feu.

Le soir apporte aussi sa dose de nouveauté. Nous dormons sur le toit d’un lycée, dans un temple hindou, dans une chambre d’hôtel où la police nous envoie comme ses invités, chez un habitant parlant anglais, dans un lit en corde d’un de ces dhabas ou encore dans une chambre à l’intérieur d’un commissariat de police. Le coup de coeur revient à notre première nuit dans une dharamsella qui signifie refuge en hindi. Elles offrent un toit à un prix symbolique à tous ceux qui le demandent et sont donc de formidables portes ouvertes aux voyageurs. On y decouvre une ambiance chaleureuse. On nous y sert des pommes de terres (épicees !) dans des assiettes en feuilles, les inévitables chapatis et du thé servi dans des pots en terre. Nous sommes invités à rejoindre un groupe de femmes qui chantent en jouant du dolac (sorte de tambour). C’est le lieu d’hospitalité, de rencontre et de partage dont on a rêvé…

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